C’est désormais officiel: l’humeur pro-russe est un virus contagieux : «Présidentielle: 11 candidats, 6 pro-Poutine»

Le président russe Vladimir Poutine

Une semaine avant le jour du scrutin, les chevaliers médiatiques français font de leur mieux pour mettre en garde la société contre un choix « incorrect ». Ce qui est très probable vu que la plupart des candidats ont serré la Main du Kremlin, sans pour autant comprendre sur quoi cette poignée de main débouchera.Dans une enquête minutieuse, l’Express soulève de nouveau la question des positions pro-russes chez les candidats et n’oublie d’ailleurs pas de reprocher à Sputnik et à RT leur prétendue joie face à ce vent pro-Kremlin. Revenons sur ces « fascinés par le maître du Kremlin » et sur les arguments fournis à l’appui. De son côté, Sputnik vous propose d’admirer des photos spécialement créées pour cette occasion particulière.

François Fillon

Grand ami de Poutine, qui d’autre pourrait être en tête de liste ? Chers candidats, tirez des leçons du parcours de M. Fillon : d’abord une grande amitié avec le dirigeant russe, puis on milite pour un dialogue constructif avec le pays des ours.

« On peut considérer que c’est un adversaire et se préparer à un affrontement, ou alors engager un dialogue sérieux, franc, pour mettre sur pied les conditions de la sécurité en Europe », a un jour estimé le candidat.

Évoquer la levée des sanctions antirusses est un autre signe d’appartenance au camp des disciples du maître Poutine. Entre Russie et Europe, « notre seule perspective ne peut pas être une confrontation larvée sous un régime de menaces et de sanctions », avait affirmé M. Fillon en janvier.

Un autre sujet sensible est la reconnaissance de la Crimée russe. Or, le seul argument de poids concerne le fait que le candidat de la droite insistait sur « la question du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et se prononçait en faveur du règlement de la question criméenne dans le cadre de l’Onu. Mais, bien sûr, les experts savent tout mieux que tout le monde quand ils disent voir la Main du Kremlin dans ces déclarations.De même, le candidat a osé se dire pas trop favorable à la ligne menée par l’Alliance atlantique : « Dans beaucoup de cas, la politique américaine qui pilote l’Otan n’est pas la solution contre le totalitarisme islamique, elle est plutôt le problème ». De plus, l’Express cite une autre déclaration de M. Fillon qui regrette qu’il n’y ait « jamais eu de volonté de constituer une coalition militaire, stratégique, avec les Russes, pour régler le conflit syrien ».

Or, pour des raisons mystérieuses, l’édition ne mentionne pas son intervention toute récente lorsqu’il a qualifié de compréhensible la décision du Président américain Donald Trump de réaliser des frappes de missiles sur une base aérienne syrienne : « La décision du Président Trump de bombarder la Syrie est humaine, compréhensible et on ne peut qu’y adhérer ». Est-ce là son humour pro-Poutine ?

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise se voit accusé pour sa position sur les sanctions, considérées comme « illégales », son souhait de faire sortir la France de l’Alliance atlantique et de sa conviction que l’Otan et les États-Unis « poussent l’Europe à dégrader ses relations avec la Russie ».

Quelle vergogne ! Le candidat ose même prononcer un mot contre les djihadistes : « Je pense qu’il [Vladimir Poutine, ndlr] va régler le problème, éliminer Daech », disait M. Mélenchon en février 2016.

François Asselineau et Jacques Cheminade

Les candidats de l’Union populaire républicaine (UPR) et du parti Solidarité et progrès ne sont pas autant clouer au pilori. Ils ne sont accusés que de vouloir quitter l’Otan (visiblement emboîtant le mauvais pas d’autres candidats).

Jean Lassalle

Parmi les péchés du député des Pyrénées-Atlantiques figure l’espoir d’un retrait du commandement intégré de l’Otan.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat a été baptisé pro-russe après avoir fait référence à Charles de Gaulle. La citation à l’appui date curieusement de 2015 (quelle profondeur de recherche des journalistes !).

M. Dupont-Aignan avait cité de Gaulle devant le parlement russe en proclamant son « attachement aux nations » tout en dénonçant classiquement l’UE « supranationale et antidémocratique ». Vraiment, qui peut être plus pro-russe que lui ?

Heureusement, le candidat d’En Marche ! Emmanuel Macron, le candidat du Parti socialiste Benoît Hamon et les candidats trotskistes Philippe Poutou et Nathalie Arthaud savent la vérité sur la nocivité du vent pro-russe, vérité qui les a aidés à ne pas être « captivés par le Kremlin ». Au moins quatre sont donc sains et saufs !

Mais prenez toujours garde en serrant la Main de… vous savez de qui.

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