«La démocratie n’est pas un jouet mais un de nos biens communs les plus précieux. Ne pas choisir entre les deux candidats reste un choix, celui de la mise en péril assumée d’un pays et de ses libertés au nom d’une pureté idéologique irresponsable. » Des «Ecologistes attérés» du mouvement «citoyens.solutions» appellent à faire barrage au Front national, tout en rappelant la nécessité «d’incarner des idéaux et une démarche politique claire et alternative à celle d’En Marche».
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Ce dimanche 23 avril 2017, les urnes ont parlé. Entre les vainqueurs en lice pour le 2e tour, la différence n’est pas une question de nuances, mais de nature. Entre un candidat libéral et une candidate d’extrême droite, l’actualité internationale de ces derniers mois en provenance de Turquie, de Syrie, de Russie, des Etats-Unis, de Pologne, de Hongrie, nous enseigne que si le libéralisme économique débridé provoque des dégâts considérables tant pour les femmes et les hommes que pour la planète entière, l’autoritarisme qui nie les libertés individuelles, musèle la presse et violente toute voix discordante, en plus de s’en prendre à toutes les minorités, détruit quant à lui l’âme même des individus et de la démocratie.

Si d’aventure le clan Le Pen franchissait les portes de l’Elysée, il s’inscrirait dans cette ignoble tradition d’extrême droite. N’ayons aucun doute là-dessus et commençons avant toute chose par faire barrage au Front National, dans les urnes et dans les têtes. La démocratie n’est pas un jouet mais un de nos biens communs les plus précieux. Ne pas choisir entre les deux candidats reste un choix, celui de la mise en péril assumée d’un pays et de ses libertés au nom d’une pureté idéologique irresponsable. Après nous le déluge ? surement pas.

Car nous sommes citoyens et écologistes. Et l’écologie n’est pas un corpus idéologique comme un autre, c’est un choix comportemental et éthique individuel de bienveillance vis-à-vis de son prochain et de la planète, et à la non-violence inconditionnelle à l’égard de tous les êtres vivants et de leur environnement. Un écologiste est ouvert sur le monde et sur les idées, même en désaccord, et constitue à cet égard l’exact opposé de l’extrême droite. Il n’y a pas d’ennemis, simplement des gens qui se trompent de colère et quelques démagogues qui en jouent.

Ceux qui nous disent que ce néolibéralisme débridé que l’on nous promet à nouveau pendant cinq ans fait le lit du front national ont sans doute raison. Mais le discours mettant tout sur le même plan, Macron-Le Pen, les journalistes « médiacrates », l’invective et l’injure contre les contradicteurs, quels qu’ils soient, font également grimper l’extrême droite. La violence et la haine portent le FN comme la nuée porte l’orage.

Ce premier tour nous enseigne également que la périlleuse colère des vaincus ne doit pas non plus excuser l’arrogance de certains du côté de l’actuel favori dans la course au château. Car si dans les jours qui viennent aucune main n’est tendue pour rassembler au-delà des convaincus vers un rassemblement de conviction et non de rejet, le cancer de la monarchie républicaine française va s’aggraver jusqu’au prochain clash démocratique. Et nous n’avons plus le temps.

Malgré notre partage des valeurs Républicaines face au Front National, nous avons pour devoir citoyen d’incarner des idéaux et une démarche politique claire et alternative à celle d’En Marche et son statu quo économique dangereux qui avantage sensiblement les gros agents de la mondialisation au détriment des citoyens, et rassemble de trop nombreux opportunistes issus des rangs des partis traditionnels auxquels on ne peut accorder que le crédit de l’anticipation.

Il faut en finir avec la course à l’homme providentiel, quelle que soit la qualité du programme des gourous, pour redonner confiance et espoir à chacune et chacun d’entre nous. Nous voulons des personnes déterminées, responsables et bienveillantes retrouvant la souveraineté, non sur leur patrie fantasmée, mais sur leur vie. Dans ce paysage politique aujourd’hui morcelé, il y a donc une ligne politique très claire à défendre, à porter dès les prochaines législatives : le cosmopolitisme, l’ouverture au monde et l’Europe démocratique comme horizon politique. Si la peinture est mauvaise, le cadre lui est nécessaire dans la mondialisation ! De même le danger du terrorisme doit cesser d’être l’excuse à la stigmatisation des étrangers, à la dénonciation d’un islam fantasmé et à une laîcité instrumentalisée qui, de la droite à la gauche de l’échiquier, a nourri la lepénisation des esprits ces 30 dernières années. Bienveillance et non-violence comme éthique individuelle et collective, c’est ce que porte Citoyens. Les partis traditionnel n’ont pas su construire cette nouvelle manière d’être en politique. Car l’écologie, c’est aussi le respect, la sobriété et la fraternité. Il est temps de se changer soi-même afin de pouvoir espérer un peu changer le monde. Enfin, la défense de la nature est un impératif absolu de survie collective face à la destruction en cours de ce qui fait la vie. A cet égard, faciliter notre transition vers une alimentation locale et de moins en moins carnée cessant la maltraitance animale ou encore pour une énergie dénucléarisée et des transports décarbonés cessant de mettre notre santé en danger constituent pour nous des priorités fondamentales à très largement partager.

Citoyens dans l’âme, plutôt que d’afficher nos déceptions du jour, nous préférons tendre la main et réaffirmer nos convictions pour demain.

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