L’armée américaine a annoncé avoir ouvert une enquête après le recrutement dans ses rangs d’un ancien militant nationaliste français qui a notamment combattu avec les rebelles de l’est de l’Ukraine.

L’armée de terre américaine vérifie si le recrutement du «première classe franco-américain Guillaume Cuvelier» a suivi «les procédures appropriées», a déclaré le colonel Patrick Seiber, un porte-parole de l’US Army.

Cette annonce fait suite à une enquête du Washington Post, qui a retracé le parcours peu banal de Guillaume Cuvelier, 29 ans, depuis la mouvance nationaliste française jusqu’à l’US Army.

Selon le quotidien, Guillaume Cuvelier est actuellement en poste à Hawaï, servant dans une division d’infanterie américaine.

Il aurait laissé de nombreuses traces sur Internet, sur des sites proches de la droite ou sur des sites antifascistes. Dans plusieurs interviews, il raconte son expérience de combattant dans le Donbass en Ukraine avec les rebelles, en 2014 avec un groupe nationaliste nommé «Unité continentale» et en 2015 avec un groupe nommé les «cosaques du Don».

Une petite expérience politique

Il évoque également une expérience similaire en Irak, avec un groupe de volontaires occidentaux venu soutenir les Peshmergas, les combattants kurdes irakiens.

En 2010, il avait été candidat aux élections régionales dans l’Eure pour le «Parti de la France», petite formation politique fondée par l’ancien dirigeant du Front national Carl Lang.

Selon le Washington Post, qui a eu quelques contacts par messagerie avec Guillaume Cuvelier, celui-ci affirme avoir changé et vouloir fuir la publicité. «L’armée américaine est ma seule chance d’avancer et de me couper de mon passé», a-t-il dit au quotidien, plaidant sans succès pour que son nom et sa photo ne soit pas publiée.

«En publiant un article sur moi, vous ruinez ma carrière», dit-il, selon les messages cités par le quotidien américain.

L’enquête de l’armée américaine visera à déterminer si toutes les vérifications prévues au moment du recrutement des futurs soldats ont bien été accomplies.

En théorie, l’armée interroge notamment de nombreuses bases de données du FBI, des services de police, des tribunaux, a expliqué Kelli Bland, porte-parole de l’armée, précisant qu’elle s’intéressait aussi par exemple aux tatouages, vérifiant par exemple qu’ils ne sont pas «racistes» ou «extrémistes».

«Etre membre d’un groupe associé […] à des actions ou opinions extrémistes est incompatible [avec l’appartenance à l’US Army]» , a-t-elle conclu.

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