L’élection d’Emmanuel Macron, le président du jeune mouvement En Marche!, ébranle le système politique français, qui voit le rejet des représentants des partis traditionnels, François Fillon et Benoît Hamon n’étant même pas qualifiés pour le second tour. Pour le politologue M. Fougier, il est temps d’évoquer la « crise des partis de gouvernement ».

Macron

Après 40 ans de bipartisme, le monde politique en France vit un séisme: ni la droite ni la gauche « de gouvernement » ne se sont qualifiées au second tour de l’élection présidentielle. Le Front national, malgré sa tentative de dédiabolisation, a largement perdu face à Emmanuel Macron, le chef du mouvement En Marche, né il y a à peine un an. Son élection sonne-t-elle le glas pour le système bipartite français? Eddy Fougier, politologue et chercheur associé à l’IRIS, a répondu aux questions de Sputnik.

« Fin des partis traditionnels, je n’irai pas jusque-là. Je parlerais de crise des partis de gouvernement, plus que des partis en général. On voit bien qu’aujourd’hui, nous sommes dans une période de transition, avec de nouveaux mouvements: la France insoumise et la République en Marche!, qui en font partie. Mais nous sommes effectivement en train de passer à une autre forme de politique et donc à d’autres types de mouvements pour exprimer une envie de faire de la politique et une action politique », explique-t-il.

Selon lui, de nos jours, les partis traditionnels ont tendance à avoir des militants de moins en moins nombreux et de plus en plus âgés. Comment pourrait-on l’expliquer? Pour M. Fougier, on vit dans une époque « de la démocratie sur Internet », avec des pétitions en ligne et de l’activisme sur les réseaux sociaux, ce qui nécessite le renouvellement des partis.

D’après l’expert, ce renouveau devrait être fait d’un point de vue « générationnel », aussi bien que d’un point de vue « programmatique », comme cela a été le cas de la France insoumise et d’En marche!

« Ce qui est intéressant quand on regarde leurs programmes, par exemple du côté de la France insoumise, c’est qu’ils ont été coécrits avec les militants. Même chose avec En Marche!, où beaucoup de militants ont été faire du porte-à-porte pour capter un peu le pouls de la société et faire remonter les informations, qui ont été traitées avec des algorithmes pour essayer de voir comment cette société se perçoit, comment elle est en train de traverser une crise et comment elle souhaiterait que des solutions soient apportées. Donc c’est vraiment une démocratie de bas en haut plutôt que de haut en bas », conclut-il.

Emmanuel Macron a été élu Président de la République le dimanche 7 mai avec 66,10 % des voix selon des résultats définitifs. 33,90 % des Français ont voté Marine Le Pen. Le second tour a été notamment marqué par une forte abstention (25,38 %), du jamais vu depuis 1969. Les blancs et nuls approchent les 9 % des inscrits (plus de quatre millions), ce qui constitue également un record pour une présidentielle.

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