Rien ne va plus entre Ankara et Berlin, alors qu’ils font tous les deux partie de l’Otan et doivent à ce titre se protéger et se soutenir l’un l’autre. Un général de brigade turc à la retraite commente la situation

Ankara a interdit à la mi-mai à une délégation parlementaire allemande de visiter les soldats de la Bundeswehr à Incirlik, et Berlin y a réagi, en annonçant qu’il trouverait d’ici la mi-juin une autre base capable d’accueillir son contingent militaire actuellement déployé sur celle d’Incirlik.

« Il est difficile de dire si les militaires allemands seront finalement transférés d’Incirlik, mais le fait même qu’on en parle incite à analyser les causes de cette crise dans les relations entre Ankara et Berlin », a déclaré à Sputnik le général de brigade turc à la retraite Haldun Solmaztürk, ancien vice-président de la Confédération interalliée des Forces de réserve (CIOR) de l’Otan.

Et d’expliquer que l’Allemagne n’appréciait pas du tout l’actuelle politique intérieure et extérieure de la Turquie, alors que la Turquie accusait l’Allemagne d’avoir refusé de lui délivrer les militaires qu’Ankara accusait d’implication dans le coup d’État échoué de juillet 2016, ainsi que des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie.

« Je suppose que tant que ces problèmes ne seront pas réglés, la crise dans les relations turco-allemandes ne sera pas désamorcée », a expliqué M. Solmaztürk, ajoutant que l’Otan était pour la première fois confrontée à une telle situation, lourde de conséquences pour toute l’Alliance.

Selon l’interlocuteur de l’agence, à ce jour, les relations entre Ankara et Berlin ont un caractère ouvertement hostile.

« Cette crise […] montre que la Turquie et l’Allemagne ne se considèrent plus comme des alliés », a-t-il constaté, rappelant que de graves problèmes n’existaient pas seulement dans les relations turco-allemandes, mais aussi dans la structure même de l’Otan.

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