Les autorités américaines étudient la possibilité de rendre à la mission diplomatique russe ses complexes saisis en décembre dernier par l’administration Obama sous prétexte d’ «ingérence dans l’élection présidentielle», mais pourraient les priver d’immunité diplomatique

Fin décembre 2016, l’administration Obama a bloqué l’accès à deux complexes résidentiels appartenant aux ambassades russes à New York et à Washington. Selon les données du Washington Post (WP), l’administration Trump exprime la volonté de rendre la propriété à la Russie en demandant en retour de lever les obstacles à la construction d’un nouveau consulat américain à Saint-Pétersbourg. Toutefois, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a souligné que ces deux questions étaient indépendantes l’une de l’autre.

Les informations du WP suggèrent que les autorités américaines n’excluent néanmoins pas la possibilité d’imposer des restrictions contre les complexes diplomatiques après leur restitution. En particulier, les États-Unis pourraient les priver d’immunité diplomatique, souligne le journal.

« Avant de prendre une décision finale sur la possibilité de permettre à la Russie de récupérer les complexes, l’administration étudie d’éventuelles restrictions sur les activités des Russes, y compris la levée de l’immunité diplomatique de la propriété », écrit le journal.

Privés de l’immunité, les complexes seront considérés comme des bâtiments ordinaires et leur entrée ne sera pas interdite aux forces de l’ordre américaines.Depuis la décision de l’administration Obama, le Kremlin a à maintes reprises appelé la Maison-Blanche à clarifier la situation des complexes diplomatiques russes. Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé jeudi que les États-Unis n’avaient toujours pas présenté leurs propositions « bien que MM. Lavrov et Tillerson aient convenu de régler la situation ».

À l’issue d’entretiens avec les dirigeants américains, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie « avait parfaitement le droit de répondre de façon similaire ».

« J’espère qu’on pourra désamorcer la situation sans détériorer notre relations », a-t-il néanmoins ajouté.

« Le ministère russe des Affaires étrangères n’exclut pas la possibilité de réclamer des compensations financières aux États-Unis en raison de dommages causés par le blocage illégal de la propriété russe », a déclaré jeudi la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, répondant à une question lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF).Fin décembre 2016, l’administration Obama a imposé des sanctions contre neuf institutions, entreprises et personnes physiques russes en alléguant l’« ingérence russe dans les élections » et la «pression exercée sur les diplomates américains » travaillant en Russie. Les États-Unis ont également bloqué l’accès à deux complexes résidentiels appartenant aux ambassades russes à New York et à Washington. En outre, 35 diplomates russes ont été déclarés personae non grata aux États-Unis.

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