L’un des parrains les plus violents et les plus redoutés de l’histoire de la mafia sicilienne, Toto Riina, a «le droit de mourir dignement», affirme la Cour de cassation italienne

L’ancien « parrain des parrains » de la mafia sicilienne, le redouté Toto Riina, a « le droit de mourir dignement », a estimé lundi la Cour de cassation italienne, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle sortie de prison.L’ancien chef suprême de Cosa Nostra, aujourd’hui âgé de 86 ans, est actuellement incarcéré à Parme, dans le cadre d’une peine à perpétuité qu’il purge depuis 1993. Saisie par un avocat de Toto Riina, la Cour de cassation italienne a demandé lundi à un tribunal de Bologne de reconsidérer le maintien en prison de l’un des parrains les plus violents et les plus redoutés de l’histoire de la mafia sicilienne.

L’an dernier, ce tribunal de Bologne avait estimé que Toto Riina pouvait être soigné pour ses différentes pathologies graves sans changement de son régime carcéral. Cette instance avait souligné que Salvatore « Toto » Riina — surnommé « La Belva » (« le fauve ») — présentait encore « une dangerosité notable » et qu’il ne s’était jamais dissocié de Cosa Nostra. La justice avait donc refusé d’exclure « un danger de récidive ».

Mais la Cour de cassation a estimé lundi que le tribunal de Bologne avait omis de prendre en compte « la détérioration physique » du détenu qui a « le droit de mourir dignement ». Elle précise que Toto Riina a un double cancer du rein, souffre de problèmes neurologiques et cardiaques, des pathologies qui ne lui permettent plus d’être assis.

La défense de Toto Riina réclame une remise de peine ou une assignation à résidence. Le tribunal de Bologne va désormais devoir se prononcer à nouveau.

Le chef du clan des Corleone a fait régner la terreur pendant près de 20 ans en Sicile et au sein de Cosa Nostra, dont il avait pris le contrôle à partir des années 1970.Accusé d’avoir commandité plus de 150 homicides, condamné à une vingtaine de peines de prison à vie, il est surtout connu pour avoir ordonné les meurtres des juges antimafia Giovanni Falcone (1992) et Paolo Borsellino (1993) et pour avoir été l’un des cerveaux des attentats meurtriers de 1993 à Rome, Milan et Florence (10 morts au total).

En 2009, il avait déposé une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme pour contester ses conditions de détention. Il s’y plaignait notamment « de la vidéosurveillance constante de sa cellule, y compris dans les toilettes ». Mais les juges européens avaient rejeté ses griefs.

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