Dans une interview, l’ancien ambassadeur de France à Téhéran fait ses pronostics sur les relations franco-iraniennes dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron

Le 6 juin, soit la veille des attentats de Téhéran, Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême national de sécurité de l’Iran, s’exprimait dans une interview au Figaro. Selon le dignitaire, l’élection d’Emmanuel Macron pourrait être l’occasion de renforcer les relations entre Paris et Téhéran, aussi bien au niveau économique que sécuritaire:« La France est, elle aussi, menacée par les terroristes. L’Iran souhaite renforcer ses relations sécuritaires ainsi que l’échange de renseignements avec la France. Votre pays ne doit pas gâcher cette occasion », a-t-il confié aux journalistes.

De quelle manière ces relations pourraient-elles se développer? Sputnik a posé la question à François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran.

Au niveau économique, la reprise des relations franco-iraniennes est, d’après le diplomate, déjà là:

« Les relations économiques ont déjà bien redémarré, depuis l’entrée en vigueur de l’accord sur le nucléaire et la levée d’une partie des sanctions contre l’Iran. Les sociétés françaises sont revenues en masse en Iran, de grands contrats ont été passés, comme par exemple le contrat Airbus. Total va manifestement revenir en Iran, et Renault et Peugeot sont déjà en train de le faire », a-t-il indiqué.

Au demeurant, il persiste toutefois de grosses difficultés, notamment sur les « questions de financement », les banques françaises « hésitant à revenir en Iran par peur des Américains ».

Pour M. Nicoullaud, contrairement à la position hostile de Donald Trump, l’Union européenne et la France ne sont pas favorables à un isolement de l’Iran. De son côté, l’Iran fait aussi le choix de l’ouverture:

« Donald Trump a appelé à isoler l’Iran mais ce n’est pas la ligne de l’Union européenne, ni de la France. Cela a été très manifestement souligné à plusieurs reprises par Federica Mogherini, la représentante de l’Union pour les questions internationales, mais aussi par Emmanuel Macron avec son message adressé au président Rohani lorsqu’il a été réélu ».

Concernant les questions de renseignement, François Nicoullaud estime qu’un rapprochement est possible mais qu’il dépendra des choix politiques qui seront faits à l’avenir:

« Reconnaissons cependant que la méfiance subsiste du côté français, notamment en ce qui concerne la politique iranienne en Syrie, où les deux pays ne sont pas tout à fait du même côté.

S’il y a une convergence des lignes politiques des deux pays, les relations en matière de renseignement pourront devenir plus étroites. Mais pour l’instant, on a eu de la part de notre nouveau président des déclarations qui restaient assez générales. »

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