Doha a annoncé que deux routes maritimes fonctionnent désormais avec Oman. Alors que la crise s’aggrave entre le Qatar et ses voisins du Golfe, la mesure vise apparemment à contourner les sanctions des Émirats arabes, dont les ports sont fermés aux bateaux qataris

Le port qatari de Hamad a commencé à recevoir des navires de marchandises en provenance des ports du Sultanat d’Oman, contournant les Émirats arabes unis, qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha le 5 juin dernier et ont interdit aux bateaux qataris d’entrer dans leurs ports, informe l’Autorité des ports du Qatar.

L’annonce précise que lundi, le premier navire s’est rendu du port omanais de Sohar, distant de 778 km, au Qatar. La deuxième ligne maritime vient de Salalah, un autre port omanais distant de 2 095 km de l’émirat. Oman et le Koweït sont les seuls membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui n’ont pas adhéré à l’embargo imposé par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn suite à leur démarche diplomatique.Le Qatar, leader mondial en termes de production et d’exportation de gaz naturel liquéfié, dépend néanmoins des importations pour son approvisionnement en denrées alimentaires. Ayant rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar, l’Arabie saoudite a également bloqué l’unique route terrestre par laquelle Doha recevait, selon des estimations, jusqu’à 40 % de ses importations alimentaires.

Dans le même temps, l’Iran et la Turquie, alliés au Qatar, ont rapidement exprimé leur solidarité, s’engageant à livrer au royaume des tonnes de produits alimentaires et de fournir l’aide nécessaire à Doha.Lundi 5 juin, l’Arabie saoudite, Bahreïn, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Les quatre pays ont accusé Doha de « déstabiliser la situation en matière de sécurité » et de « soutenir le terrorisme » au Proche-Orient. Les autorités de la Libye, du Yémen, des Maldives, de la Mauritanie, de Maurice et des Comores leur ont emboîté le pas en annonçant qu’elles rompaient leurs relations avec le Qatar. Djibouti a abaissé le niveau des relations diplomatiques avec le Qatar et le Sénégal a rappelé son ambassadeur à Doha.

Il existe à ce jour quatre scénarios possibles du déroulement de la crise diplomatique autour du Qatar, y compris «un renversement pacifique du pouvoir» et «une confrontation armée avec des conséquences néfastes pour toutes les parties concernées», estime le politologue russe Vitali Naumkin.

Pour le politologue russe et spécialiste du Proche-Orient Vitali Naumkin, quatre scénarios différents sont envisageables dans la crise que traverse le Golfe. Tout d’abord, les pays concernés pourraient régler leurs désaccords grâce à la coopération des forces régionales et globales. Le Qatar pourrait ainsi revoir ses prétentions à la baisse sans pour autant sacrifier certaines directions prises en matière de politique extérieure. On pense notamment à sa volonté de se rapprocher de l’Iran et aux liens que Doha entretient avec le mouvement des « Frères musulmans », deux points que le Qatar pourrait avoir à reconsidérer.

Deuxième variante possible: un renforcement de la pression sur le Qatar, conjugué à l’échec des efforts de médiation. Cela entrainerait une menace de confrontation violente conséquemment à un renversement « pacifique » du pouvoir dans l’émirat.Troisième scénario, la confrontation augmente de telle façon qu’elle pousse le Qatar à entreprendre des mesures bien résolues allant jusqu’à la sortie du Conseil de coopération du Golfe et son rapprochement avec la Turquie et l’Iran. Dans ce cas-là, on ne pourrait pas exclure certains changements dans la politique qatarie vis-à-vis de la crise syrienne. Ainsi, Doha pourrait rejoindre « le trio d’Astana » des pays-garants de l’instauration de la trêve en Syrie.

Et finalement, M. Naumkin ne rejette pas la possibilité d’une escalade brutale du conflit qui pourrait dégénérer avec des conséquences néfastes pour toutes les parties concernées. Toutefois, l’expert estime que ce dernier scénario est le moins probable des quatre qu’il présente, et que même s’il se réalisait, « cette confrontation ne durerait pas longtemps ».

« Je pense que les pays arriveront tout de même à s’entendre car personne n’a d’intérêt à ce que le conflit s’aggrave, lequel implique des pays qui ont en main dans les clés du marché pétro-gazier international », a supposé M. Naumkin, rappelant que le Qatar possédait en outre d’importantes réserves en hélium.

Néanmoins, à en croire l’expert, il n’y a que le trio d’Astana qui tire un certain avantage de ce conflit puisqu’il permet de renforcer la coopération entre les pays-garants du régime du cessez-le-feu en Syrie.
Lundi 5 juin, l’Arabie saoudite, Bahreïn, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Les quatre pays ont accusé Doha de « déstabiliser la situation en matière de sécurité » et de « soutenir le terrorisme » au Proche-Orient. Les autorités de la Libye, du Yémen, des Maldives, de la Mauritanie, de Maurice et des Comores leur ont emboîté le pas en annonçant qu’elles rompaient leurs relations avec le Qatar. Djibouti a abaissé le niveau des relations diplomatiques avec le Qatar et le Sénégal a rappelé son ambassadeur à Doha.Le chef de la diplomatie qatarie a auparavant déclaré que son pays ne prendrait pas de mesures en réaction à ce boycott.

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