Le Gerald R. Ford, plus récent porte-avions américain salué par le président Donald Trump et dont la livraison en fanfare à la marine a eu lieu le 31 mai, a déjà révélé de graves défaillances liées au décollage des avions et à leur appontage. En outre, ses frais d’entretien excèdent de 20 millions de dollars le budget approuvé par le Congrès

Selon l’agence Bloomberg, le problème clé du porte-avions Gerald R. Ford réside dans ses catapultes et systèmes de brin d’arrêt. Les deux mécanismes sont innovants: les catapultes sont électromagnétiques et remplacent les systèmes à vapeur, et les systèmes de brin d’arrêt sont électrodynamiques au lieu d’être hydrauliques.

Il s’est cependant avéré que la puissance des catapultes ne suffit pas pour lancer les F/A-18, fleurons de l’aviation navale américaine dotés d’un lot complet de réservoirs d’essence sous les ailes. Les porte-avions de la classe Gerald R. Ford prévoient également d’embarquer des chasseurs F-35, mais le nombre de ces appareils en version navalisée est encore très limité, d’autant plus que les problèmes qu’ils présentent sont encore plus nombreux que ceux du porte-avions.L’unique solution au problème consiste actuellement à lancer des F/A-16 sans réservoirs d’essence supplémentaires sous les ailes, mais leur rayon d’action diminuera alors sensiblement, ce qui rendrait dénué de tout sens l’utilisation d’un nouveau porte-avions hautement technologique.

Le système de brin d’arrêt ne convient pas non plus pour l’appontage des avions à charge complète: les percussions qu’il provoque menacent d’endommager les réservoirs et l’avion en général. Le fait est d’autant plus déplorable qu’au cours de la construction du navire le coût du système a triplé, passant de 301 à 961 millions de dollars. Rappelons que la construction du navire dans son ensemble a coûté au budget américain 13 milliards de dollars.Le deuxième navire de la même classe déjà en construction, le John F. Kennedy, a un budget de 11, 4 milliards de dollars. Pour le troisième, la marine paiera 1,6 milliard de dollars de plus que pour le navire précédent.

Le président du Comité des forces armées du Sénat américain John McCain a trouvé cette situation scandaleuse.

«C’est inacceptable pour un navire en série qui sera livré dans trois ans», a-t-il déclaré.

Bloomberg estime cependant que la marine américaine a encore du temps pour venir à bout des problèmes. Bien que livré officiellement, le porte-avions ne sera pas opérationnel avant 2020 et son premier déploiement réel n’est prévu que pour 2022.

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