La crise du Qatar s’inscrit dans les projets de réaménagement de l’Occident, considère un expert turc. Or, une nouvelle configuration des forces est à l’œuvre dans la région et elle revêt un caractère hostile à l’Occident. De plus, toute tentative d’ingérence armée risque d’engendrer une nouvelle guerre mondiale

Le chef de la diplomatie bahreïnie Khalid ben Ahmed al-Khalifah a menacé le Qatar d’«une intervention régionale imminente» si Doha ne respectait pas les accords avec les pays de la région. Analysant cette mise en garde, Abdullah Ağar, expert turc en sécurité et en lutte antiterroriste, prévient que toute intervention militaire risque d’engendrer un conflit régional susceptible de se transformer en Troisième Guerre mondiale.

«En examinant les déclarations du chef de la diplomatie bahreïnie, Khalid ben Ahmed al-Khalifah, il faut comprendre que Bahreïn agit sous les ordres de l’Arabie saoudite et dans le cadre des projets occidentaux de réaménager la région proche-orientale. On sait que la position de la Turquie et de l’Iran sur la crise qatarie diverge fondamentalement de la position des 13 pays hostiles au Qatar. Les tentatives de l’Occident de provoquer une confrontation entre les pays de la région est évidente», estime l’expert.

Or, la Turquie et l’Iran aspirent à un règlement des problèmes régionaux. Sur fond des crises syrienne et qatarie et suite aux menaces émanant de l’Occident et de plusieurs pays de la région, le rapprochement entre Téhéran et Ankara contribue à la formation d’une nouvelle configuration des forces qui revêt un caractère de plus en plus antioccidental, estime l’expert. Selon plusieurs spécialistes, l’Irak et la Syrie pourraient également en faire partie.

«Dans d’autre pays de la région on commence à réaliser que cette coalition est formée par des puissances intéressées par la stabilité régionale. Or, pour empêcher l’évolution de la situation selon un scénario non-occidental […], des déclarations provocatrices de ce genre se font entendre sous les pressions de l’Occident», poursuit l’interlocuteur de l’agence.

«Il est évident que l’ingérence militaire peut signifier le début d’un nouveau conflit régional qui risque de se transformer en guerre mondiale», conclut-il.

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