La crise diplomatique entre le Qatar et les pays arabes ne risque pas de dégénérer en un conflit militaire, selon des experts égyptiens

Doha pourrait faire face à un durcissement de sanctions imposées par les pays arables, mais le risque que la crise diplomatique ne dégénère en un conflit militaire est inexistant, estiment les experts égyptiens.

L’ultimatum adressé au Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés arabes expire ce dimanche 2 juillet sans qu’aucune possibilité d’une sortie de crise ne soit en vue. Doha a même jugé samedi que les treize demandes formulées par ces pays pour mettre fin à l’isolement économique et diplomatique à son encontre «empiètent» sur sa souveraineté.

«Il n’y a pas d’option militaire dans l’évolution des événements. Actuellement, la balle est dans le camp non plus de Doha, mais de la famille au pouvoir, dont la politique nuit non seulement à la sécurité nationale des pays arabes, mais également à celle du peuple qatari, ainsi qu’à toute la région du Golfe persique», a estimé Reda Shehata, ancien conseiller du ministre égyptien de Affaires étrangères.

Cette opinion est partagée par le général Gamal Mazlum, expert militaire égyptien.

«On n’est qu’au début du conflit, mais ce n’est pas la peine d’attendre quelque chose de plus grave que les sanctions économiques, d’autant plus qu’aucune menace militaire n’a été adressée à Doha, aucune cible au Qatar n’a été citée», a indiqué le général.

Selon lui, le Qatar risque d’être exclu du Conseil de coopération du Golfe.

«Les conséquences économiques, politiques et militaires seront très graves pour Doha», a mis en garde l’expert, ajoutant que la Ligue arabe pourrait également suspendre le Qatar.

Vendredi, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont transmis au Qatar, avec lequel ils ont rompu leurs relations diplomatiques et économiques le 5 juin, une liste de 13 requêtes présentées comme autant de conditions à une sortie de crise. Ils demandent notamment au Qatar de fermer la chaîne de télévision Al Jazeera et de réduire les relations de l’émirat avec l’Iran.

Les quatre États réclament en outre que le Qatar rompe tout lien avec les Frères musulmans, Daech, Al-Qaïda, le Hezbollah et le Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) et exigent la fermeture de la base militaire turque au Qatar, ainsi que l’extradition de toutes les personnes considérées comme «terroristes».

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