La Syrie s’est complètement débarrassée des armes chimiques, mais même si elle en avait disposé, il aurait été difficile d’imaginer que Damas puisse tirer profit de leur utilisation, selon le ministre syrien de la Réconciliation nationale

Ali Haïdar, ministre syrien de la Réconciliation nationale, a une nouvelle fois rappelé que la Syrie s’était complètement débarrassée de l’arme chimique, ajoutant que Damas n’avait aucun intérêt hypothétique d’y recourir.

«Les Américains auraient pris connaissance de soi-disant projets d’utiliser des armes chimiques. Pourtant, il a été confirmé au niveau international que la Syrie les avait complètement éliminées. En fin de compte, si ces armes existaient dans les arsenaux, il est difficile d’imaginer que Damas puisse en tirer profit », a déclaré Ali Haïdar dans une interview accordée au quotidien russe Izvestia.

Selon lui, l’armée syrienne remporte des victoires sans recourir à aucune arme d’extermination massive, «mais cela n’a pas l’heur de plaire à beaucoup».

Le ministre a ajouté que des intox médiatiques et des attentats terroristes précédaient souvent un nouveau tour de négociations.

«Depuis le début du conflit, on observe une grave escalade de la situation en prévision de chaque rencontre importante, que ce soit à Moscou, à Genève, à Astana ou ailleurs. Tout est fait pour rehausser les exigences envers les autorités syriennes. Les prétextes les plus variés sont utilisés», signale M.Haïdar.

L’opposition syrienne a annoncé le 4 avril qu’une attaque aux armes chimiques avait fait 80 morts et 200 blessés à Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, accusant les troupes gouvernementales syriennes d’être à l’origine de la dispersion chimique. Le commandement syrien a rejeté la responsabilité de l’incident sur les djihadistes et leurs alliés. Les autorités du pays ont rappelé qu’elles n’avaient jamais utilisé des armes chimiques contre les civils et les terroristes et que l’arsenal chimique syrien avait été retiré du pays sous le contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Les États-Unis ont tiré 59 missiles de croisière contre la base aérienne syrienne de Shayrat dans la nuit du 6 au 7 avril, sans fournir de preuves de l’implication des militaires syriens dans la dispersion chimique de Khan Cheikhoun et sans prêter l’oreille à l’appel de Moscou de lancer une enquête.Le Président syrien Bachar el-Assad a plus tard indiqué, dans une interview à Sputnik, qu’il n’y avait pas eu d’attaque chimique à Khan Cheikhoun et que c’était une provocation destinée à justifier la frappe contre la base de Shayrat.

La semaine dernière, le porte-parole de la présidence américaine Sean Spicer avait affirmé que le gouvernement syrien était en train de préparer une attaque à l’arme chimique, tout en mettant le Président Assad en garde contre le «prix élevé» que paierait son armée en cas d’attaque sur des civils.

La Syrie a alors catégoriquement rejeté les accusations de Washington concernant des préparatifs d’attaque chimique par les forces fidèles à Damas. Selon la partie syrienne, les allégations US sont «sans fondement» et constituent un complot pour justifier une nouvelle agression contre la Syrie.

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