L’éventuelle réaction de l’Union européenne aux nouvelles sanctions antirusses, imposées par Washington, c’est une question «d’honneur politique», estime Willi Wimmer, ancien président de l’assemblée parlementaire de l’OSCE. Il s’inquiète qu’une guerre économique puisse se transformer en guerre réelle

Les nouvelles sanctions antirusses, imposées par Washington et nuisant aux intérêts économiques de l’Union européenne, représentent un véritable danger pour l’avenir économique de l’Europe et ne sont rien d’autre qu’une question «d’honneur politique», considère Willi Wimmer, ancien secrétaire général du ministère allemand de la Défense et ancien président de l’assemblée parlementaire de l’OSCE.Selon lui, ces sanctions qui pour la première fois n’étaient pas coordonnées avec l’Union européenne, devraient pousser cette dernière à «sortir de ce régime de sanctions».

«Si l’Union européenne ne peut pas prendre une décision maintenant, parce qu’elle n’ose pas le faire ou pour toute autre raison, elle perdra toute confiance aux yeux de l’électorat européen ainsi que de la communauté de l’Europe. Il s’agit ici non seulement de la survie économique de l’Union européenne mais aussi de son honneur politique. Il serait impossible qu’on permette à la volonté de Washington de déterminer notre destin», a-t-il fustigé.

Par ailleurs, M.Wimmer est convaincu que les nouvelles sanctions ne visent pas uniquement la Russie.

«Aux États-Unis, ces sanctions visent leur Président qu’ils veulent « emmurer ». Mais dans le même temps, elles visent l’Europe qu’elles veulent étouffer économiquement afin de faire d’elle une structure coloniale», a-t-il ainsi relaté.

Pour sa part, cette politique hostile de Washington fait penser à une guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis.

«L’exemple de tous ces liens avec Washington nous a montré que notre vie est déterminé par des éléments qui font référence à la guerre économique. La politique des États-Unis « America first » a déjà touché la plupart des branches de l’économie européenne, à commencer par l’exportation de l’acier jusqu’à l’industrie automobile. Il faut nous attendre à des moments difficiles. Si l’Union européenne plie maintenant au sujet des sanctions, elle mettra en jeu tout son avenir économique», a-t-il argumenté.

D’après M.Wimmer, il faudrait «remercier» Moscou pour «sa politique modérée depuis le Maïdan en Ukraine».

«Cela demande à M.Poutine une excellente maîtrise du gouvernement de son pays pour sauvegarder la paix en Europe car tout ce que les Américains font en ce moment vise, sans la moindre doute, à conduire à la guerre», a-t-il conclu.

La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté mardi une proposition de loi introduisant de nouvelles sanctions contre la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. Le texte sera ensuite soumis au Sénat et au Président Trump. Selon le texte, le Président peut imposer des sanctions aux personnes qui comptent investir plus de cinq millions de dollars par an ou un million de dollars d’un seul coup dans la construction de pipelines d’exportation russes, ou bien qui envisagent de fournir des technologies, services ou d’accorder une assistance aux réalisateurs de ces projets énergétiques. Dans le même temps, les États-Unis continueront à s’opposer à la pose du gazoduc Nord Stream.

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