Enlevée par des inconnus dans le centre de Kiev, une journaliste de télévision russe a été reconduite à la frontière ukrainienne après un interrogatoire de cinq heures

Les autorités ukrainiennes ont expulsé Maria Kniazeva (Saouchkina), journaliste des chaînes de télévision russes Rossiya 1 et Rossiya 24, pour avoir mené «des activités destructrices», a annoncé mercredi le Service de sécurité d’Ukraine (SBU).

D’après Maria Kniazeva, des inconnus l’ont enlevée dans une rue de Kiev pour lui faire subir un interrogatoire de cinq heures. Ensuite, la jeune femme a été reconduite à la frontière ukrainienne.

«À la frontière, ces personnes m’ont affirmé que je représentais une menace pour la sécurité nationale et ont dit «Gloire à l’Ukraine!» et j’ai répondu par «Gloire à la Russie!». Plus tard les mêmes personnes m’ont dit: «Excusez-nous, mademoiselle. Nous aimons Saint-Pétersbourg, nous souhaiterions aller voir les nuits blanches, mais on ne nous laisse pas y aller»», a raconté Maria Kniazeva.

Les agents du SBU ont filmé la journaliste traversant la frontière ukraino-russe avant de la conduire en Russie en minibus.

La journaliste s’est également vu interdire d’entrer en Ukraine pendant trois ans.

D’après le SBU, Maria Kniazeva a «profité de ses liens avec les représentants prorusses des médias et experts ukrainiens» pour recueillir des informations sur la situation en Ukraine, le fonctionnement des organes d’État et des structures coercitives qu’elle a utilisées pour «couvrir la situation en Ukraine d’une manière partiale».

Les autorités ukrainiennes empêchent souvent des journalistes russes de travailler dans le pays. En mai, elles ont notamment interdit l’entrée en Ukraine à Ramil Sitdikov, photographe de Rossiya Segodnya, accrédité pour l’Eurovision 2017, et à deux journalistes du journal Komsomolskaïa Pravda. En avril 2016, des correspondants de la chaîne de télévision russe Mir ont été refoulés à la frontière. Le correspondant de la Cinquième chaîne de télévision Léonid Mouraviev a été expulsé du pays. Les autorités ukrainiennes avaient antérieurement procédé à des interpellations illégitimes de journalistes TV de Lifenews, de Pierviy Kanal et de la chaîne NTV.

Dans le même temps, l’Union nationale des journalistes d’Ukraine dénonce la dégradation de la situation en matière de sécurité pour les journalistes dans le pays. Les crimes visant les représentants des médias restent impunis. Selon l’union, les organes judiciaires ukrainiens n’enquêtent même pas sur les affaires au retentissement national comme l’incendie criminel dans le bureau de la chaîne de télévision Inter à Kiev et le meurtre du journaliste Pavel Cheremet.

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