Il est peu probable que les États-Unis aillent jusqu’à une confrontation directe avec à la flotte iranienne dans le golfe Persique. Cet affrontement sera lourd de conséquences pour l’économie du monde entier. Ce que cherche Washington est de provoquer Téhéran et de susciter l’iranophobie, estiment des spécialistes

Le golfe Persique a une nouvelle fois été une pierre d’achoppement entre l’Iran et les États-Unis qui ces dernières années élargissent activement la présence de leur marine dans ces eaux, incitant ainsi Téhéran à adopter des mesures fermes. Le dernier incident en date s’est produit mardi, lorsque l’USS Thunderbolt de la marine américaine a tiré des coups de semonce contre un vaisseau du corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI) qui, selon un responsable de la Défense américaine, «ne répondait pas aux signaux ni aux appels». Toutefois, les GRI ont rétorqué d’une manière brève et laconique, soulignant que l’objectif de ces manœuvres était une provocation à laquelle le patrouilleur a décidé de ne pas céder. Mais à quel point une confrontation directe entre la flotte iranienne et les navires américains est-elle possible?Comme l’estime dans un commentaire à Sputnik un colonel des GRI ayant requis l’anonymat, en agissant de la sorte les États-Unis essaient de provoquer et d’obtenir une raison légitime d’employer leurs forces armés contre un pays qui, soi-disant, «torpille la stabilité dans la région». De l’autre côté, estime-t-il, c’est une astuce ratée pour justifier l’introduction de nouvelles sanctions contre l’Iran qui sont actuellement négociées au Congrès américain.

«Des navires de différents pays patrouillent dans le nord du golfe Persique, il est donc naturel que par endroits ils se croisent ou se rapprochent. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faut avoir directement recours aux coups de semonce», a expliqué le militaire.

Or, si on admet qu’un combat éclate dans le golfe Persique, ceci ne signifie pas que les Américains tireront leur épingle du jeu, poursuit l’interlocuteur de l’agence. Selon lui, cet affrontement se répercutera sur tous les pays de la région.

«Non seulement la sécurité, mais aussi l’économie du monde entier sera menacée. Le golfe Persique est l’artère pétrolière mondiale. Plus de 70% des navires-pétroliers y passent. Qui prendra le risque de mettre en danger tous ces navires transportant l'»or noir» du monde en lançant en confrontation directe avec l’Iran? Il est peu probable que les États-Unis adoptent un tel scénario», a poursuivi l’expert.

L’américaniste et expert en politique internationale Ali Reza Rezakhah estime pour sa part que les promesses de Donald Trump de cibler les navires iraniens en cas de rapprochement avec la marine américaine dans le Golfe ne sont que des paroles en l’air.«Le scénario militaire pour régler le «problème avec l’Iran» […] n’est qu’une bouffonnerie, un jeu avec le feu. Son but serait plutôt de susciter l’iranophobie et de discréditer l’image de l’Iran. Mais, en pratique, ce scénario n’est pas réalisable», conclut-il.

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