Tué le 30 juillet par Daesh, Khaled Alkhateb avait recueilli, lors de son dernier reportage pour RT Arabic, des témoignages de réfugiés ayant fui Raqqa et d’autres villes. Ils dénonçaient les ravages causés par la coalition menée par Washington

Au cours de son dernier reportage en Syrie, le journaliste Khaled Alkhateb avait interrogé des réfugiés fuyant notamment la ville de Raqqa, contrôlée par Daesh. Les réfugiés pointaient unanimement du doigt les frappes de la coalition menée par Washington, qu’ils jugent responsable de nombreuses morts de civils et de destructions d’infrastructures. Le journaliste indépendant, de 25 ans, qui réalisait ce reportage pour RT Arabic, a été tué le 30 juillet dans un bombardement de l’Etat islamique (EI) en Syrie. 

«La coalition a bombardé des écoles et des civils. C’est pourquoi nos enfants ne vont plus à l’école. De nombreux civils ont été touchés, car elle [la coalition] frappe les écoles et les hôpitaux», déplorait Abu Amdjad, interrogé par Khaled Alkhateb.

Abu Amjad fait partie du grand nombre de civils ayant dû fuir Raqqa, qui ont confié au journaliste que les forces dirigées par les Etats-Unis frappaient tous les bâtiments, sous prétexte que des terroristes de Daesh s’y cachaient.

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Auteur: RT France

Khaled Alkhateb s’est rendu dans la ville syrienne de Hama, où un élève de primaire a raconté au journaliste comment les forces de la coalition avaient bombardé son école. «Des réfugiés venus d’Alep et d’autres endroits étaient à l’intérieur de l’école pendant les raids aériens. Beaucoup d’entre eux sont morts lors de ces frappes», a relaté le jeune garçon.

Un habitant de Raqqa a par ailleurs rapporté que la coalition avait fait usage de bombes à phosphore blanc à plusieurs reprises. En juin, Amnesty International avait mis en garde à ce sujet, le droit international interdisant l’utilisation de ce type de munition.

«Il est évident que tous les acteurs qui déploient des forces aériennes, dont la coalition internationale [menée par Washington], tous ceux qui donnent des ordres, doivent bien penser aux conséquences de leurs actions pour éviter que les civils ne soient pas tués, ou forcés de fuir, et que les infrastructures civiles soient détruites», avait déclaré le journaliste lors de son dernier reportage pour RT Arabic.

Le 30 juillet, Khaled Alkhateb a été tué par des roquettes tirées par des combattants de Daesh dans la province de Homs. Il était en train de tourner un reportage sur les opérations de l’armée syrienne contre les terroristes. Son cameraman, Muutaz Yaqoub, a été blessé. Plusieurs soldats syriens ont aussi été tués et blessés pendant cette attaque.

Le même jour, au moins six civils ont été tués et dix autres blessés par les bombardements de la coalition internationale sur la ville d’Abu Kamal dans le gouvernorat syrien de Deir ez-Zor, selon l’agence de presse syrienne SANA. Celle-ci révèle, en citant des sources locales, que des femmes et des enfants figurent parmi les victimes et que les frappes aériennes ont sérieusement endommagé les infrastructures.

La semaine précédente, Damas avait réclamé la fin des frappes de la coalition, exigeant devant l’ONU que les Etats-Unis et leurs alliés indemnisent la Syrie pour les destructions d’infrastructures, et qu’ils portent la responsabilité légale du bombardement illégitime de cibles civiles.

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