Déçue par les ambitions chinoises d’une part et par l’attitude hostile des États-Unis de l’autre, la Russie fait progressivement bouger son centre politique vers l’Europe, estime le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel

Après que ses attentes de partenariat avec la Chine et les États-Unis n’ont pas été satisfaites, la Russie a commencé à changer le cap de sa politique extérieure en faveur de l’Europe, a déclaré la chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel au magazine Stern.

Selon lui, le Président Vladimir Poutine voulait travailler avec la Chine sur un pied d’égalité, mais les ambitions politiques de Pékin l’ont empêché de le faire.

«Les Chinois affirment avec confiance: «il n’y a que deux superpuissances, les États-Unis et nous»», a expliqué Gabriel.

Le deuxième espoir de la Russie était lié à Donald Trump qui aurait pu améliorer les relations entre Moscou et Washington. Pourtant les nouvelles sanctions antirusses prouvent que le Président américain poursuit la politique de son prédécesseur.

«Par conséquent, les Russes se tournent doucement vers l’Europe», conclut M.Gabriel.

Auparavant, Sigmar Gabriel avait fortement critiqué l’intention des États-Unis d’imposer de nouvelles sanctions contre la Russie. En particulier, il avait déclaré que le gouvernement américain défendait ses propres intérêts économiques et qu’il entendait pousser l’Europe à acheter du gaz américain.

«La politique de sanctions n’est pas un outil approprié ni adéquat pour promouvoir des intérêts nationaux dans les domaines de l’exportation et de l’industrie énergétique. Désormais, c’est au Président Trump de décider comment cela va se passer», avait-il souligné.

Le Président américain Donald Trump a signé mercredi la loi introduisant de nouvelles sanctions contre l’Iran, la Russie et la Corée du Nord, tout en la qualifiant d’imparfaite. Selon lui, la loi empiète sur l’autorité du chef de l’État et les nouvelles sanctions auront des conséquences négatives pour les sociétés américaines, les amis et les alliés des États-Unis.

L’UE a qualifié les nouvelles sanctions d’«actions unilatérales de Washington».

En réponse à l’adoption par le Congrès américain de nouvelles sanctions antirusses, Moscou a interdit à l’ambassade américaine l’accès à deux sites dont elle avait la jouissance à Moscou. En outre, Moscou a demandé à Washington de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 le nombre des membres du personnel de son ambassade et de ses consulats en Russie. Le ministère russe des Affaires étrangères a également prévenu que Moscou répliquerait en cas de nouvelles expulsions de diplomates russes par les États-Unis.

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