La décision d’un tribunal australien d’interdire la construction d’une synagogue, pour des raisons sécuritaires, a provoqué une averse de critiques sur les réseaux sociaux. Certains y ont vu une capitulation face à la menace terroriste

Les autorités australiennes ont fait interdire la construction d’une synagogue dans la banlieue de Sydney, justifiant ce choix par le risque que le site religieux devienne la cible privilégiée d’attaques terroristes. Cette décision a été perçue comme une forme d’acceptation de la «victoire» des terroristes par certains internautes, tandis que d’autres l’ont même qualifiée d’«antisémite».

L’association communautaire juive «Amis des Réfugiés d’Europe de l’Est» avait demandé la construction du lieu de culte à Bondi, dans la banlieue de l’Est de Sydney. L’emplacement est proche de la plage de Bondi, une destination touristique très populaire.

L’appel de l’association s’est vu rejeté le 2 août par un tribunal de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud.

La tribunal a justifié sa décision par «le risque potentiel pour les fidèles et le public». «L’Australie fait face à une menace terroriste continue [que représentent] les soutiens de l’Etat islamique», a-t-il ajouté.

Le verdict a choqué et provoqué la colère, notamment parmi la communauté juive. «C’est une triste journée  pour l’Australie si une communauté qui a besoin d’un lieu de culte se voit refuser la permission de le construire à cause de la peur que d’autres puissent représenter une menace», a déclaré Vic Alhadeff, responsable du Conseil des représentants juifs de Nouvelle-Galles du Sud, au site internet d’information américain News.com.

Le chef de la communauté religieuse juive locale, Rabbi Yehoram Ulman, a même considéré que la décision du tribunal «récompens[ait] le terrorisme».

«[Cette décision] implique qu’aucune organisation juive ne devrait être autorisée à exister dans des zones résidentielles. [Elle] va dans la direction d’une répression de l’existence et de l’activité de la communauté juive à Sydney et, en créant un précédent, dans toute l’Australie. Par extension, cela récompense le terrorisme» a-t-il expliqué.

De nombreux internautes, également, ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. «En Australie, les terroristes ont gagné», a par exemple résumé Jeff Jacoby, chroniqueur au Boston Globe.

«C’est un scandale ! C’est quoi la suite ? On ferme les églises et on applique la charia pour apaiser les extrémistes ?», a également tweeté une internaute.

«Quoi, vit-on en Australie ou dans l’Allemagne nazie ?», s’est ironiquement interrogé un autre.

De nombreuses personnes ont aussi dénoncé le soi-disant antisémitisme de la décision. «Le gouvernement australien a prouvé soit qu’il était d’une indéfectible lâcheté, soit d’un antisémitisme total. Dans les deux cas c’est écœurant», s’est encore indigné un utilitaire de Twitter.

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