De grands drapeaux de Daech flottent dans les airs au-dessus de la ville irakienne de Hawija, mais les Kurdes promettent de se battre jusqu’à la fin: ils délogeront les terroristes de cette zone, martèle le commandant Hussein Yazdan Bana que a rencontré aux abords de cette ville qui vit sous le joug de Daech

La ville de Hawija reste depuis plus de trois ans sous le contrôle de Daech, ainsi que ses alentours dans la province de Kirkouk. Hawija est aujourd’hui l’un des principaux fiefs des djihadistes en Irak, mais les unités kurdes sont sûres qu’elles mettront bientôt un terme au règne de Daech dans la zone.

«Nous insistons sur sa [de la province, ndlr] libération complète et nous n’allons laisser aucun mètre sous leur contrôle [de Daech, ndlr]», a déclaré le commandant des unités de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), Hussein Yazdan Bana.

La zone est riche en pétrole et abrite plusieurs raffineries. En outre, Daech profite de l’emplacement de la ville qui assure la liaison entre Tikrit et Baïji, d’où l’on peut atteindre Mossoul et les frontières syro- et turco-irakiennes.Bien que l’opération de libération de la province de Ninive ait été annoncée en 2016 et que plusieurs villes dans les alentours aient été libérées, Hawija reste sur la triste liste des villes encore contrôlées par les terroristes. En juillet, Daech a choisi Hawija pour y installer son QG après qu’il a été délogé de Mossoul.

«La distance entre les forces peshmergas concentrées ici et celles de Daech devant nous, à droite et à gauche, est d’entre 1,5 et trois kilomètres», précise le commandant, dont les troupes sont chargées de protéger les limites du district de Hawija.

Pendant que les unités de l’UPK s’activaient, les djihadistes posaient des mines afin de limiter leur déplacement. Les combats acharnés lors des opérations de libération de la chaîne montagneuse de Bative, au nord de Hawija, baptisées Scorpion 1, 2 et 3 ont démontré le caractère stratégique de la zone tant pour les Kurdes que pour Daech.La tactique des terroristes est dangereuse pour les combattants kurdes et pour les habitants civils: «Ils ont adopté une nouvelle méthode d’attaquer par petits groupes, ils réussissent à se cacher et à apparaître à Kirkouk, Doubz et dans des villages environnants pour y perpétrer des attaques-suicides», explique M.Bana.

Après la libération de Mossoul, le Premier-ministre irakien Haïder al-Abadi a affirmé que l’armée allait bientôt s’attaquer à Hawija avec la même détermination. «Le bassin de Hawija comprend la ville elle-même, quatre banlieues et 500 villages, tous sous le contrôle du groupe terroriste», indique le commandant, ajoutant que de nombreux habitants des villages ont préféré quitter leurs maisons. Les peshmergas les ont aidés à trouver refuge.

«Tous ceux qui sont restés dans les villages devant nous, ce sont les djihadistes», poursuit-il.

En cela, le commandant soutient pleinement la tenue du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, prévu pour le 25 septembre, en dépit des critiques de Bagdad et ses alliés, Washington et Téhéran.L’offensive de l’armée irakienne visant à éliminer les djihadistes de Daech de la province de Ninive et de sa capitale, Mossoul, a été lancée en octobre 2016. Les troupes gouvernementales étaient appuyées par des milices populaires et l’aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

Le 9 juillet, le commandant adjoint de l’unité de lutte antiterroriste, le lieutenant-général Abdel Wahab al Saidi, a hissé le drapeau irakien au-dessus du dernier repaire des terroristes dans la vieille ville de Mossoul, ce qui signifie la complète libération de la rive occidentale du Tigre.

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