Après leur défaite, Les Républicains et Le Front national traversent-ils une crise financière comparable à celle que semble connaître le PS, qui ne pourra compter l’année prochaine que sur 7 millions d’euros de dotations contre 25 en 2017

L’issue de la présidentielle et des législatives 2017 en France a montré que les partis politiques traditionnels traversaient une crise de confiance de la part des électeurs. Or, de mini-crises financières semblent venir s’y ajouter: à l’exception de la France insoumise, les partis d’opposition, qui ont été défaits dans les urnes, devraient faire face à des difficultés financières.Ainsi, le PS ne pourra compter que sur 7 millions d’euros de dotation pour 2018, après avoir en touché 25 en 2017. Les conséquences semblent être d’ores et déjà perceptibles: comme le fait remarquer le journal Le Figaro, au lieu d’organiser son université d’été comme chaque année, le parti se contentera d’un petit séminaire de rentrée de la direction collégiale du 23 au 26 août. Mais qu’en est-il du Front national (FN) et des Républicains (LR)?

Comme l’a confié à Sputnik Walleyrand de Saint Just, trésorier du FN, le parti n’a pas de difficulté particulière et devra continuer à vivre sombrement, «ce qui a toujours été sa marque de fabrique».

«Nous devrons toujours vivre dans la sobriété, faire un effort pour le recueil des adhésions et des dons, mais nous n’avons aucune raison de nous inquiéter. Les Républicains eux ont 70 millions d’euros de dettes structurelles. Le Parti Socialiste songe à vendre son siège de Solférino, nous n’en sommes pas du tout là», a-t-il expliqué.

Commentant l’article du Figaro d’après lequel l’argent préoccuperait également le FN, l’interlocuteur de l’agence indique: «Le FN organise des événements importants à la rentrée. Peut-être pas une université d’été ouverte à tous, il y a aura l’opération importante, la rentrée politique de Marine Le Pen le 9 septembre à Brachet, et une université des élus, le dernier weekend de septembre, au Futuroscope à côté de Poitiers, nous avons quasiment les mêmes activités qu’à chaque rentrée il n’y a aucun problème».Quant aux Républicains, ils se préparent à plusieurs petites universités d’été. Mais que cela cache-t-il? Un manque d’unité au sein du parti?

Thomas Tihy, l’un des organisateurs de l’université d’été LR de La Baule, explique que cette pratique est tout à fait ordinaire pour le parti.

«Depuis 2014, nous avons plusieurs villes qui organisent leurs propres universités. C’est la même chose qui se reproduit: en 2017, nous avons de nouveau des événements décentralisés. En effet, il y a depuis pas mal de temps plusieurs courants qui peuvent s’affronter, plusieurs lignes qui existent au sein du mouvement. […] Ce sont les fédérations locales qui se sont prises en main pour organiser leur propre événement, avec leur propre budget», répond-il.

Et de conclure que, contrairement au PS, Les Républicains sont habitués à vivre en se serrant la ceinture. Alors que pour le PS « c’est une vraie rupture dans leur tradition politique de se réunir à La Rochelle tous les ans et de ne plus le faire. Chez nous, pour le coup, il n’y a jamais eu cette institutionnalisation d’un événement», conclut-il.

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