Ces 12 derniers mois, les pays de l’Union européenne ont enregistré la plus forte hausse de recours à l’esclavage moderne parmi les 198 pays étudiés par l’agence américaine Verisk Maplecroft

L’exploitation des migrants rend croissant le risque d’esclavage moderne dans vingt pays de l’Union européenne. C’est une des conclusions auxquelles a abouti la 2ème étude consacrée à ce problème à l’échelle mondiale réalisée par l’agence d’analyse de risques américaine Verisk Maplecroft.

«L’année dernière, le risque a augmenté dans trois quarts des 28 pays membres de l’UE […]. La crise migratoire a augmenté le risque de cas d’esclavage dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises en Europe», a indiqué Verisk Maplecroft qui a dressé une liste des pays exposés à l’esclavage moderne.

Les cinq pays européens où le taux de travail forcé est le plus important sont la Roumanie, la Grèce, l’Italie, Chypre et la Bulgarie, les principaux points d’entrée des migrants dans l’Union européenne.Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 80% des 115.000 migrants et réfugiés arrivés en Europe par la mer en 2017 ont débarqué en Italie. Les entrées en Grèce ont diminué à la suite de l’accord de 2016 entre l’UE et la Turquie, mais la Grèce reste toujours une destination importante du trafic d’êtres humains en raison du grand nombre de réfugiés qui se trouvent déjà sur son territoire.

Les pays les plus développés de l’UE ne sont pas épargnés par le risque d’esclavage. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont perdu des points, pour devenir des pays «à risque moyen».

De nouvelles données ont révélé des lacunes dans le contrôle des conditions de travail au Royaume-Uni, tandis que l’Allemagne a connu une augmentation des cas de traite et d’exploitation.Dès le début de leur traversée, «les migrants sont entre les mains de passeurs et sont ensuite rapidement piégés entre celles de trafiquants. Il est probable qu’avant même de pénétrer sur leur lieu de travail, ils sont déjà dans des conditions d’esclavage moderne», a déclaré Alexandra Channer, analyste chez Verisk Maplecroft, à la chaîne de télévision CNN.

L’étude de Verisk Maplecroft repose notamment sur les renseignements obtenus auprès du Département d’État américain et d’ONG comme Human Rights Watch ou Amnesty International.

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