Au moins huit Marocains et un Espagnol figurent parmi les membres présumés de la cellule djihadiste de Catalogne.

Les douze membres de la cellule djihadiste, tenue pour responsable des attentats en Catalogne, qui ont fait 15 morts et plus de 120 blessés, sont «détenus ou morts», selon la police. Parmi eux figurent au moins huit Marocains et un Espagnol.

Aucun des hommes arrêtés et des auteurs présumés abattus n’était connu des services de police pour des faits en lien avec le terrorisme, mais certains avaient des antécédents judiciaires pour des faits de délinquance ordinaire.

Quatre suspects mis en examen

— Mohamed Houli Chemlal, 21 ans, un Espagnol né à Melilla (enclave espagnole dans le nord du Maroc, ndlr), a été arrêté à Alcanar après avoir été blessé dans l’explosion dans la nuit de mercredi à jeudi de la planque des assaillants à 200 km au sud-ouest de Barcelone.

 — Driss Oukabir, un Marocain âgé de 27 ans, a été arrêté jeudi à Ripoll, petite localité située au pied des Pyrénées. Il a loué la fourgonnette qui a servi à perpétrer l’attentat de Barcelone. Il assure que c’était pour un déménagement.

— Salh el Karib, ami de Driss et gérant d’un commerce proposant des appels à l’étranger, âgé de 34 ans selon la presse. Il aurait acheté pour Driss Oubakir un billet d’avion avec sa carte de crédit. Il assure que c’était pour lui rendre service et qu’il a été remboursé en liquide. Le juge cherche encore à vérifier ses dires.

— Mohammed Aallaa, 27 ans, Marocain, également détenu à Ripoll. Une Audi A3 à son nom a été utilisée par les cinq auteurs de l’attentat de Cambrils, dont son frère Saïd, 19 ans. Il assure que la voiture était à son nom pour des questions d’assurance mais que son frère l’utilisait. Le juge a semblé accorder une crédibilité à ces propos car il l’a laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Les quatre suspects ont été présentés au juge mardi et mis en examen. Mais seuls les deux premiers sont suspectés d’«assassinats terroristes».

Assaillants abattus par la police

Cinq hommes ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi à Cambrils après avoir foncé sur un barrage de police installé dans cette station balnéaire. Ils sont descendus de la voiture, une Audi A3, portant de fausses ceintures d’explosifs et armés de couteaux et d’au moins une hache et ont été abattus.

Il s’agit de Moussa Oukabir, 17 ans; Mohamed Hichamy, 24 ans, et son frère Omar Hichamy, dont on ignore l’âge; Saïd Aallaa, 18 ans, et Houssaine Abouyaaqoub sont aussi dans ce groupe. Ils habitaient tous à Ripoll et étaient marocains.

Un policier a abattu quatre d’entre eux. Le cinquième assaillant est parvenu à poignarder une femme, qui succombera à ses blessures, avant de mourir sous les tirs d’un policier.

Le Marocain Younès Abouyaaqoub, conducteur de la camionnette de Las Ramblas, devenu pendant quelques jours l’homme le plus recherché d’Espagne, a lui été abattu lundi après-midi à Subirats, à 50 kilomètres à l’ouest de Barcelone, après quatre jours de cavale. Le jeune homme de 22 ans, né à Mrirt au Maroc mais ayant grandi aussi à Ripoll, a crié «Allah est grand» quand il a vu les policiers.

Les djihadistes morts dans l’explosion d’Alcanar

L’imam marocain Abdelbaki Es Satty, âgé de 44 ans, a été tué dans l’explosion de la maison d’Alcanar, où la cellule est soupçonnée d’avoir cherché à confectionner des engins explosifs pour commettre «un ou plusieurs attentats» à Barcelone.

Abdelbaki Es Satty, ayant vécu plusieurs années à Ripoll où il enseignait le Coran à ces jeunes, avait fait de la prison pour trafic de drogue de 2010 à 2014 et séjourné en Belgique, dans la commune de Machelen près de Bruxelles, entre janvier et mars 2016.

D’autres restes humains ont été trouvés à Alcanar mais n’ont toujours pas été identifiés. La police pense qu’ils pourraient appartenir à Youssef Aallaa, autre membre présumé de la cellule, qui aurait lui aussi été tué dans l’explosion de la maison.

Etiquette: ; ;