Ayant quitté Moscou, où il a été en visite, le cardinal Pietro Parolin s’est rendu mercredi 23 août, à Sotchi (sud de la Russie) dans un avion du gouvernement russe pour rencontrer le président Vladimir Poutine dans sa résidence d’été.

La rencontre avec le cardinal Pietro Parolin n’est pas sa première avec un secrétaire d’État du Saint-Siège. En 1999, alors jeune premier ministre russe, il avait reçu à Moscou le cardinal Angelo Sodano, venu reconsacrer la cathédrale catholique de la capitale russe. Quelques jours plus tard, à la surprise générale, Vladimir Poutine, encore largement inconnu sur la scène internationale, succédait à Boris Eltsine, démissionnaire.

Depuis, le président Poutine est devenu un visiteur régulier du Vatican où il s’est déjà rendu à cinq reprises : en juin 2000 et novembre 2003 avec Jean-Paul II, en mars 2007 avec Benoît XVI (qui recevra aussi en décembre 2009 le président Medvedev) puis en novembre 2013 et juin 2015 avec François.

Cinq visites au Vatican, c’est autant que Georges W. Bush qui s’était rendu en 2001, 2002 et 2004 auprès de Jean-Paul II (considéré comme un « ami » par la famille Bush) et en 2007 et 2008 auprès de Benoît XVI qui recevra aussi Barack Obama en 2009, lui-même reçu en 2014 par François qui a récemment accueilli Donald Trump.C’est aussi autant qu’Angela Merkel, reçue cinq fois au Vatican, par son compatriote Benoît XVI puis par François, avec qui les liens sont étroits. Et c’est plus que les présidents français Nicolas Sarkozy (2007 et 2010) et François Hollande (2014 et 2016) réunis.

Partenaires de dialogue

Cette fréquence des déplacements de Vladimir Poutine montre les liens qui unissent aujourd’hui le Saint-Siège et la Russie, qui n’ont des relations diplomatiques au plus haut niveau que depuis 2009.

Au Kremlin, on sait que le Vatican peut être un partenaire sérieux de dialogue dont les préoccupations rejoignent parfois les siennes, au-delà des divergences qui subsistent sur nombre de domaines.

Ce n’est ainsi pas un hasard si mardi, avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, le cardinal Parolin a estimé que « la Russie a un grand rôle à jouer dans la crise vénézuélienne ».

Sur la Syrie aussi, les positions se rejoignent. Vladimir Poutine ne peut oublier que c’est vers lui que le pape François s’était tourné pour éviter une intervention directe contre le régime de Damas, en septembre 2013. Il avait ainsi contribué à rompre l’isolement de Moscou et à réintroduire la Russie dans le jeu diplomatique.

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