Le chef du Pentagone Jim Mattis est venu jeudi assurer Kiev du soutien des Etats-Unis dans le conflit qui fait rage depuis plus de trois ans dans l’Est de l’Ukraine, s’engageant à aider son armée et affichant sa fermeté face à la Russie.

Sans trancher sur la demande de Kiev de lui livrer des armes défensives et non seulement des équipements militaires, le secrétaire américain à la Défense a martelé son message après avoir rencontré le président Petro Porochenko:

N’en doutez pas: les Etats-Unis restent avec l’Ukraine !

Jim Mattis a choisi une date très symbolique, le jour du 26e anniversaire de l’indépendance de l’ex-république soviétique, pour rassurer les Ukrainiens qui craignaient de perdre un allié après l’élection de Donald Trump. Le président américain avait promis pendant la campagne électorale de se rapprocher de Vladimir Poutine.

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Le responsable américain a assisté au défilé militaire organisé pour ces commémorations, après lequel une explosion provoquée par un «engin inconnu» a fait deux blessés à quelques dizaines de mètres de la présidence, où il a été reçu. La police ukrainienne a indiqué privilégier la piste criminelle à la piste terroriste.

Jim Mattis a adopté un ton très ferme face à la Russie, en l’accusant de chercher à «redessiner les frontières internationales par la force» et en avertissant que les sanctions visant Moscou seraient maintenues jusqu’à ce que la Russie applique les accords de paix de Minsk pour l’Est de l’Ukraine.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes que Kiev combat dans l’Est ukrainien, ce que Moscou dément. Les combats ont fait plus de 10.000 morts depuis avril 2014. Ce conflit, ainsi que l’annexion de la Crimée, ont contribué aux pires tensions entre la Russie et les Occidentaux depuis la Guerre froide.

Le chef du Pentagone a assuré que les Etats-Unis restaient «engagés à augmenter la capacité des forces armées» ukrainiennes, soulignant le récent octroi par Washington de 175 millions de dollars (148 millions d’euros) pour cela. Le montant total de l’aide militaire américaine octroyée depuis 2015 passe ainsi à 750 millions de dollars.

Il n’a ni exclu ni promis de commencer à livrer directement des armes à Kiev, et non plus seulement des équipements non susceptibles de provoquer la mort comme le voudrait Kiev.

Bien que l’armée américaine se soit prononcée favorablement sur cette requête, Donald Trump doit encore l’approuver, et certains craignent que de telles livraisons ne provoquent une escalade du conflit, en grande partie gelé depuis l’instauration de plusieurs cessez-le-feu.

Dialogue très actif

«Concernant les armes défensives létales, nous étudions cela de manière active», a déclaré M. Mattis. «Les armes défensives ne constituent pas de provocation à moins d’être un agresseur. Et l’Ukraine n’est évidemment pas un agresseur. C’est sur son propre territoire que les combats ont lieu», a-t-il ajouté.

Petro Porochenko a indiqué de son côté avoir eu «un dialogue très actif» avec le chef du Pentagone, concernant «non seulement des livraisons d’armes létales» mais plus généralement des équipements militaires notamment électroniques. «Mais de telles discussions nécessitent de garder le silence jusqu’à ce qu’une décision finale ne soit prise», a-t-il ajouté, se disant «satisfait».

Malgré la signature des accords de paix à Minsk en février 2015, des vagues de violences continuent d’éclater régulièrement le long de la ligne de démarcation. Les séparatistes ont décrété un nouveau cessez-de-feu qui doit commencer vendredi à l’approche de la rentrée scolaire.

Washington continuera «d’exercer de la pression sur la Russie pour qu’elle honore ses engagements de Minsk et nos sanctions resteront en place jusqu’à ce Moscou revienne sur ses actes», a souligné M. Mattis.

Au côté de Petro Porochenko, M. Mattis a assisté à un défilé militaire, auquel des soldats américains ont participé pour la première fois.

«L’Ukraine est prête à riposter sévèrement à l’agresseur s’il essaye de nous attaquer», a déclaré M. Porochenko, en donnant le coup d’envoi du défilé. «Mais notre priorité reste le retour du Donbass et de la Crimée par la voie pacifique, diplomatique».

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