Si les relations entre la Russie et les USA traversent une période de tension, ce n’est pas le cas en Syrie. Reuters a pu avoir accès la semaine dernière au lieu d’où l’US Air Force gère les communications avec la Russie et s’est assurée que les militaires des deux pays continuaient à se parler sans sourciller, bien que soutenant des camps opposés

Bien que les relations russo-américaines aient tendance à s’envenimer ces derniers temps, la coopération entre les militaires des deux pays en Syrie est en plein essor, écrit Reuters.Il y a quatre mois, Donald Trump a fait bombarder au missile de croisière les positions de Bachar el-Assad. Puis, en juin, l’armée américaine a abattu un chasseur syrien et deux drones de fabrication iranienne qui s’approchaient des positions de la coalition internationale. Pourtant, les gradés russes et américains ont continué à communiquer sur une base régulière pendant tout ce temps, déclare-t-on de source autorisée du côté américain.

Grace à ce dialogue, on a réussi à matérialiser une ligne («deconfliction line», ndlr.) sur les cartes qui sépare les forces soutenues par les États-Unis et celles soutenues par les Russes. Il y a aussi un téléphone rouge qui relie les centres d’opérations aériennes. Dix à douze appels sont passés quotidiennement pour s’assurer que les avions de guerre russes et américains ne volent dans les mêmes secteurs et réduire ainsi les risques de confrontation.Reuters a pu accéder la semaine dernière au lieu d’où l’US Air Force gère les communications avec la Russie, qui se trouve à l’intérieur de la «Combined Air Operations Area» d’Al Oudeid, au Qatar, et s’entretenir avec deux linguistes de langue maternelle russe qui servent d’interface pour les discussions avec les commandants russes. La communication n’est certes pas aisée, mais les contacts perdurent de part et d’autre, dit-on du côté américain.

«En réalité, nous avons affronté quelques problèmes très difficiles et, en général, nous avons trouvé un moyen de maintenir la «deconfliction line» et trouvé un moyen de continuer notre mission», déclare le général Jeffrey Harrigian, qui commande l’US Air Force dans la région.

«Nous devons négocier, et parfois, les appels téléphoniques sont tendus. Parce qu’il s’agit de nous protéger nous, nos partenaires de la coalition et de détruire l’ennemi», ajoute le général Harrigian.

Le risque d’erreur est clairement apparu en juin, quand les États-Unis ont abattu un Soukhoï SU-22 syrien. Après cet incident, la Russie a fait savoir haut et fort qu’elle considérerait tout appareil volant à l’ouest de l’Euphrate comme une cible. Cela n’a pas empêché l’armée américaine de continuer à voler dans le secteur. Et de continuer à discuter avec la Russie.

«Les Russes sont très professionnels, cordiaux et disciplinés», commente le général Stephen Townsend, qui commande la coalition internationale contre Daech à partir de l’Irak.

Au sol, des discussions sont en cours pour prolonger la ligne de démarcation qui sépare les combattants qui sont soutenus par les États-Unis de ceux qui sont dans le camp de la Russie alors que les combats vont se déplacer vers le dernier grand bastion de Daech en Syrie, la région de Deir ez-Zor, maintenant que la bataille de Raqqa est bien entamée.

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