Plus de 900 fonctionnaires supplémentaires ont été limogés dans le cadre des purges lancées en Turquie après le coup d’Etat manqué de 2016, selon un décret-loi publié aujourd’hui au Journal Officiel. 

Par ailleurs, les services de renseignement turc (MIT) seront désormais rattachés à la présidence, et non plus au Premier ministre, selon un autre décret-loi publié parallèlement.

Parmi les 928 personnes écartées de la fonction publique aujourd’hui figurent des militaires, des universitaires et des employés des ministère de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Les autorités ont également dégradé dix généraux de brigade à la retraite. Trois associations et trois médias, principalement basés dans le sud-est à majorité kurde du pays, ont également été fermés par ce décret-loi. En outre, 57 fonctionnaires et militaires auparavant limogés ont été réaffectés à leur poste par ce même décret-loi, dont 28 employés du ministère de la Justice ou d’institutions liées.

En ce qui concerne le rattachement des services de renseignement à la présidence, le décret-loi précise que l’autorisation du président de la République sera dorénavant requise pour qu’une enquête sur le patron du MIT soit ouverte ou qu’il soit convoqué comme témoin, selon le décret-loi.

Ce rattachement semble relever des mesures prises en vue de l’application de la réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril. Celle-ci verra notamment disparaître le poste de Premier ministre et le transfert de l’ensemble du pouvoir exécutif au président.

La plupart des mesures de cette réforme, dont la suppression du poste de premier ministre, doivent entrer en vigueur après les élections de 2019.

Ces décrets-lois sont publiés dans le cadre de l’état d’urgence instauré peu après le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et qui dément fermement tout implication.

Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 140.000 limogées ou suspendues par vagues successives depuis l’été dernier. Des dizaines de médias et d’associations ont par ailleurs été fermés et de nombreux journalistes licenciés.

Ces purges suscitent l’inquiétude des partenaires occidentaux d’Ankara et d’organisations de défense des droits de l’homme, mais les autorités turques affirment que ces mesures d’exception sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face aux menaces « terroriste ».

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