Après un été à une chute de popularité, avant un automne qui promet d’être agité sur le plan social, le président de la République a décidé de revoir sa stratégie de communication.

Le déplacement d’Emmanuel Macron en Europe centrale, entamé mercredi 23 août, a clairement marqué un changement de pied en la matière. Dès mercredi soir, le locataire de l’Elysée a notamment accepté de répondre longuement à une question de politique intérieure française, en Autriche, enfreignant la règle qu’il s’était lui-même fixée.

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Interrogé sur une contradiction éventuelle entre sa lutte contre le dumping social en Europe et sa volonté de flexibiliser le droit du travail en France par ordonnances, M. Macron a longuement justifié sa politique devant les caméras et les chefs de gouvernement de trois pays étrangers.

Une très longue et inhabituelle démonstration

« Quel est ton taux de chômage, Christian ? », a-t-il lancé au chancelier autrichien. « 5,4 », lui a répondu le social-démocrate Christian Kern. « L’Autriche a presque deux fois moins de chômage que nous, a répliqué Macron. La réalité est que la France est la seule grande économie européenne qui n’a pas gagné face au chômage de masse. C’est notre problème, c’est le fait que le marché du travail en France ne fonctionne pas bien. Ce n’est pas la faute du travail détaché. »

Le président s’est ensuite lancé dans une très longue démonstration, inhabituelle dans un tel cercle diplomatique, sur son projet de basculement d’une partie des cotisations sociales vers la contribution sociale généralisée (CSG). Une façon inédite de s’adresser à distance à ceux qui, en France, critiquent sa volonté de réformer le marché du travail par ordonnances. Au premier rang desquels son prédécesseur, François Hollande, sorti de sa réserve, mardi 22 août, pour mettre en garde contre des « sacrifices qui ne sont pas utiles ».

 

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