Dès le 1er octobre, les réseaux sociaux et forums de discussion chinois devront s’assurer de l’identité des internautes pour leur permettre de poster des commentaires en ligne.

Les plateformes internet chinoises devront impérativement vérifier l’identité de leurs usagers avant de les laisser poster des commentaires en ligne, a indiqué Pékin, confirmant le tour de vis de la censure imposée par le régime communiste.

A partir du 1er octobre, tous les opérateurs de réseaux sociaux ou forums de discussion devront «s’assurer de la véritable identité» de leurs utilisateurs avant de leur permettre de poster des contenus et commentaires en ligne, selon un règlement publié vendredi par l’Administration chinoise de l’internet, un organisme gouvernemental.

De même, les plateformes du web se voient sommées de «renforcer la supervision des informations diffusées» ; si elles découvrent des contenus «interdits par la loi», elles devront ainsi «immédiatement agir pour les supprimer» tout en «avertissant les autorités».

Le combat des autorités chinoises contre l’anonymat des internautes postant des commentaires n’est pas nouveau, mais les règlements précédents n’étaient appliqués que de façon parcellaire et incomplète.

L’internet local est déjà encadré de façon drastique par un système («la Grande muraille électronique») qui bloque les réseaux sociaux Facebook et Twitter, YouTube, Google, ainsi que de nombreux médias occidentaux.

Les plateformes chinoises comme le site de microblogs Weibo ou la populaire messagerie WeChat font par ailleurs l’objet d’une censure étroite, les contenus jugés «sensibles» étant promptement supprimés et certaines recherches bloquées.

Mais l’enregistrement obligatoire des internautes —avec probable envoi d’un scan d’une pièce d’identité pour s’authentifier— marque un nouveau durcissement en facilitant les poursuites judiciaires. Depuis 2013, des peines de prison sont prévues pour les messages jugés «diffamatoires».

Ce nouveau règlement s’inscrit dans le cadre d’une grande loi sur la «cybersécurité» entrée en vigueur en juin. Celle-ci interdit notamment la publication de contenus portant atteinte à «l’honneur national», «troublant l’ordre social» ou destinés à «renverser le système socialiste».

A l’approche d’un congrès crucial, à l’automne, du Parti communiste au pouvoir, durant lequel le mandat du président Xi Jinping devrait être renouvelé, les signes de raidissement se multiplient.

En juillet, Pékin a ordonné aux grands groupes technologiques de fermer les sites publiant des informations politiquement sensibles, des «mauvaises interprétations» des directives du pouvoir et autres «déformations» de l’histoire du Parti.

L’innocent Winnie l’Ourson fait figure de victime collatérale: tout commentaire sur le personnage, associé à Xi Jinping dans des montages photos, était bloqué le mois dernier.

Le régime a également intensifié sa campagne contre les VPN, ces logiciels permettant de contourner la «muraille informatique», puis a lancé début août des enquêtes contre trois grandes plateformes internet pour «propagation de contenus violents et obscènes».

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