L’ancien premier ministre n’a pas totalement tourné la page politique. Invité d’Alain Juppé aux vendanges de Bordeaux, l’un des juppéistes les plus emblématiques, cheville ouvrière des « constructifs », a accepté de répondre au Figaro sur les ambitions de ce séminaire bordelais.

LE FIGARO. – Quel est l’enjeu de cette réunion des «juppéistes»?

Jean-Pierre RAFFARIN. – La précision de notre ligne politique. Alain Juppé a créé, à l’occasion de la présidentielle, une ligne politique de droite, moderne et humaniste, à laquelle nous adhérons profondément. C’est une ligne de «pensée complexe», comme le dirait Edgar Morin, une ligne dense, ni primaire, ni sommaire. Comment peut-elle se fortifier, se préciser et se structurer? C’est la question posée aujourd’hui à Bordeaux. Après, nous verrons comment celle-ci doit exister.

Avec qui cette ligne a-t-elle des points communs?

Avec la droite républicaine, des UDI, certains électeurs de droite qui nous ont quittés dès le 1er tour pour voter LREM mais aussi avec le premier ministre Edouard Philippe et le président Emmanuel Macron. Nous sommes des gens du centre-droit et nous devons définir comment nous agirons pour renforcer cette ligne. L’idée de base est qu’il ne faut pas se presser.

N’y a-t-il pas une échéance pour les Républicains?

Certes, cette échéance existe (l’élection d’un président les 10 et 17 décembre, NDLR) mais l’échéance, pour la France, est de voir ce que va faire le président de la République, notamment sur le budget et le contenu des ordonnances, que nous ne connaissons pas, alors qu’elles constituent un levier majeur de la politique de l’emploi. C’est la raison pour laquelle nous ne souhaitons pas précipiter notre jugement. Au fond, nous mettons la politique de Macron en observation. Nous voulons prendre le temps d’apprécier ce qui se fait et être libres.

Beaucoup voudront savoir quel candidat vous soutiendrez pour la présidence LR?

Nous verrons. Cette étape n’est pas essentielle pour nous. L’important, c’est la réussite de la France et les moyens de faire gagner une politique de l’emploi, de maîtrise de l’immigration et de construction européenne. Nous vivrons l’échéance du parti mais sans considérer que le destin de notre pays se jouera là. Il ne faudrait pas s’enfermer dans une logique où chaque année, les élections internes dévorent un peu trop les stratégies.

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