A ses 17 ans, Mehran a quatorze arrestations. Au Cachemire indien, dévasté par un conflit qui dure depuis presque trois décennies, les habitants étant en prison ou l’ayant quité, sont respectés.

Les baskets Louis Vuitton aux pieds, porant une tunique traditionnelle blanche, cet jeune homme vient de sortir d’une énième audience chez le juge. Le visage parsemé de quelques poils de barbe, il dit n’avoir peur de rien :

«Ni de la prison, ni de la torture, ni de la mort». Il lève son index vers le ciel et lance : «Je veux sacrifier ma vie pour l’islam d’abord, et ensuite pour le Cachemire».

Cette revendication aurait été inimaginable à la fin des années 1980, lorsqu’au pic de l’insurrection, le Front de libération du Jammu-et-Cachemire se battait pour l’autonomie d’un Cachemire séculier. Désormais, des voix s’élèvent parmi la nouvelle génération pour réclamer l’instauration d’un «califat» dans cette région que se disputent l’Inde et le Pakistan. Pour la première fois, Al-Qaida a annoncé, fin juillet, la création d’une cellule au Cachemire, nommée Ansar Ghazwat-ul-Hind. «Le djihad au Cachemire est entré en phase d’éveil », a justifié l’organe de propagande du réseau fondé par Oussama Ben Laden. Le chef de cette cellule, Zakir Musa, avait menacé de décapiter les séparatistes qui persistaient à mener un combat «politique» – c’est-à-dire séculier – pour l’indépendance d’un Cachemire laïque. Il a prévenu que son groupe viserait «tous ceux qui, ouvertement ou secrètement, sont impliqués dans l’oppression des musulmans au Cachemire et en Inde».

Mehran a un rêve… Il voudait vivre dans un pays où régnerait la loi islamique – la charia. Sur la terre du Cachemire, l’une des plus militarisées au monde, il dit ne plus avoir sa place en tant que Cachemiri et musulman, «surtout dans une Inde qui est en train de devenir un pays uniquement pour les hindous». Puis, il ajoute sur un…

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