Les sorties spontanées du président américain irritent la plupart des responsables politiques allemands. Seule l’AfD lui concède une aura positive.

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Les relations entre l’Allemagne et les Etats Unis se sont dégradées depuis l’élection du président Donald Trump. Les dernières rencontres lors les sommets de l’Otan en mai et du G7 en juillet ne se sont pas bien déroulées. Alors que l’Allemagne se prépare à aller aux urnes pour les élections fédérales du 24 septembre prochain, les différents partis politiques se divisent quand à l’attitude à adopter envers l’administration Trump. 

Hamburg G20 Merkel und Trump (picture-alliance/AP Photo/NTB Scanpix/T. Meek)Durant le G20, le courant n’est pas passé entre Angela Merkel et Donald Trump

Europe vs. USA

«Nous, Européens, devons prendre notre destin en main (…) Nous devons nous battre pour notre propre destin«, c’est en ces termes qu’Angela Merkel s’exprimait en mai dernier lors d’un meeting à Munich, dans le Sud de l’Allemagne. Une apparente allusion à la relation entre l’Europe et les États-Unis.

Si Angela Merkel n’a pas cité nommément le président américain Donald Trump, la chancelière a qualifié de «quasiment révolue» l’époque où la confiance prévalait.

Un avis que partage Nicholas Dungan. «Depuis la seconde guerre mondiale, l’Europe et les États Unis étaient sur la même longueur d’onde en ce qui concerne les relations internationales et d’ailleurs aussi assez largement sur les valeurs», explique ce directeur de recherche à l’Institut des relations Internationales et stratégiques, spécialiste de l’action euro-américaine dans le monde. «Mais à moins que l’Allemagne ne souscrive à America First, les valeurs ne sont plus les mêmes. L’ordre international d’après guerre que Trump est en train de défaire, cela se manifeste aussi dans les relation transatlantiques».

Les Etats-Unis dans la campagne électorale allemande

En pleine campagne électorale en Allemagne, les relations avec Washington, qui est depuis la fin de la seconde guerre mondiale un allié stratégique de Berlin, s’invitent tout naturellement dans le débat politique.

Martin Schulz est aussi en désaccord avec la politique de l’administration Trump

Martin Schulz, le chef de file du parti social-démocrate (SPD), principal rival d’Angela Merkel, estimait récemment dans une interview au Tagesspiegel que la politique baptisée «America First» (L’Amérique d’abord) n’est qu’une atteinte au principe de libre échange.

«Si nous ne nous investissons pas, alors ceux qui vont gagner sont les hommes qui jouent sur la peur», a déclaré le candidat du SPD. «Des hommes comme Donald Trump qui représentent une politique pour laquelle tout assujettissement est juste, des hommes qui font le choix d’humilier délibérément des individus qu’ils ont ciblé, ce qui conduit à une brutalisation de la morale en politique comme nous ne l’avons jamais vu auparavant.»

Une prise de position contre Donald Trump qui n’étonne pas Nicholas Dungan. Celui-ci qualifie «la distance entre Schulz et Merkel en terme de politique internationale» d’«infime». «La tradition des coalitions en Allemagne veut que les grands partis ne s’opposent pas d’une façon tout à fait farouche», analyse-t-il.

L’AfD critique les critiques envers Trump

Du côté des Verts et du partie die Linke, aucun des deux partis ne tient vraiment Donald Trump dans son cœur puisque chacun défend une ligne d’opposition encore plus dure que celle, plus pragmatique, de la CDU et du SPD. Les écologistes lui reprochent notamment ses déclarations qui remettent en doute le changement climatique.

En revanche, l’extrême-droite avec le parti AfD soutient largement le président américain. Lors de son élection, Donald Trump avait reçu un télégramme de félicitations de l’AfD qui se présentait comme son seul allié naturel en Allemagne, car étant le seul parti allemand qui s’opposerait à  la «mauvaise politique» de la chancelière Merkel.

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