Le 29 août, les Nipponais ont rencontré leur matin avec une nouvelle – un missile nord-coréen s’est envolée depuis la Corée du Nord.

Mais, la surpise n’a pas eu lieu ! Les dernières semaines, la montée des tensions entre Pyongyang et la communauté internationale, États-Unis en tête, laissait planer la menace qu’un engin finisse par passer au-dessus de l’archipel après que plusieurs ont échoué en mer du Japon, parfois dans sa zone économique exclusive. Peur  ? Pour certains, oui, mais pas au point de créer des mouvements de panique. D’autant que, même en levant les yeux, l’engin dont l’apogée a atteint 550 kilomètres était invisible. Pour la plupart, c’est une fois le missile tombé en mer à quelque 1 180 kilomètres des côtes de l’île septentrionale de Hokkaido (de loin la moins peuplée) que les citoyens l’ont appris.

À Shizuoka, au sud de Tokyo, les derniers vacanciers se prélassaient sans aucune inquiétude au bord des piscines. Dans la capitale, la journée paraissait des plus normales. Certes, des sirènes du système spécial d’avertissement J-Alert ont retenti par endroits. Certes, des messages ont été affichés dans des gares pour prévenir de perturbations du trafic liées au tir. Certes, les médias ont relayé immédiatement l’information. Mais cela n’a pas beaucoup modifié le cours de la journée des Japonais qui, sur les réseaux sociaux, se demandaient comment réagir à ces informations, sinon attendre.

«  Que J-Alert fonctionne est peut-être une bonne chose, mais une fois qu’on reçoit le signal, que faire  ? » s’interroge Takashi Kubota, professeur à l’université Ritsumei. «  Quelles sont les dispositions prises au-delà de J-Alert ? Quel est le danger réel couru ? Comment agir  ? Tels sont autant de problèmes non résolus », souligne aussi un éditorialiste de la radio publique NHK. Certains, comme l’influent entrepreneur et commentateur Takafumi Horie, dénoncent « une réaction excessive » des autorités et des médias quand les trains et les métros s’arrêtent ou qu’il est conseillé d’évacuer dans des bâtiments publics. Les Japonais, habitués des alertes lors de séismes ou de tsunamis, n’ont pas été secoués outre mesure par ce missile. Reste qu’il pose beaucoup de questions.