Dans un entretien fleuve accordé au magazine «Le Point», Emmanuel Macron se livre à un exercice de pédagogie en pleine dégringolade dans les sondages.

L’Elysée avait annoncé la couleur : Emmanuel Macron en a fini avec l’approche «jupitérienne» de la communication présidentielle, entre silences et distance. Le président de la République s’exprime et, comme l’annonçait Match la semaine dernière, il a commencé son offensive médiatique par un grand entretien dans «Le Point». Confronté à des sondages peu flatteurs, le président estime que «les 100 jours ne sont pas une étape pertinente» et fait ce constat : «Je vais devoir vivre pendant des mois avec l’impatience du peuple.» Il revient néanmoins sur plusieurs épisodes qui ont marqué ses premiers mois au pouvoir, tout en insistant sur les prochaines grandes étapes du quinquennat.

 Il règle ses comptes avec Hollande

«J’ai du respect pour François Hollande», assure Emmanuel Macron. «Je pense qu’il y a eu de bonnes mesures économiques et sociales lors du précédent quinquennat, et j’espère y avoir contribué», souligne-t-il. «Mais il serait étrange que l’impossibilité qui a été la sienne de défendre son bilan devant les Français puisse motiver une tentation, durant les années qui viennent, de le justifier devant les journalistes», fait valoir le président de la République.

Sur le code du travail, « une réforme de transformation profonde »

«La réforme du marché du travail est une réforme de transformation profonde et, comme je m’y suis engagé, elle doit être assez ambitieuse et efficace pour continuer à faire baisser le chômage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat», explique le chef de l’Etat, à la veille de la présentation des ordonnances par le Premier ministre Edouard Philippe.

Il attaque à nouveau la Pologne

Le chef de l’Etat a eu depuis plusieurs jours des échanges acerbes avec Varsovie. Dans «Le Point», il persiste et signe en dénonçant la «politique très préoccupante» menée selon lui par le gouvernement polonais, accusé notamment de «remettre en cause» l’Etat de droit. «Je dénonce sans détour cette approche», dit-il.

Sur les APL, il veut… aller plus loin

Emmanuel Macron affirme qu’il envisage d’aller au-delà de la baisse controversée de 5 euros des APL, mais dans le cadre d’une «transformation profonde qui doit faire baisser les loyers». Alors que l’aide personnalisée au logement (APL) alimente selon lui la hausse des loyers, le chef de l’Etat préconise «un choc d’offre», que doit permettre un projet de loi présenté à l’automne.

« Les armées ne font pas ce qu’elles veulent »

Le président «n’a pas de regret» et «assume totalement» la crise qu’il a eue en juillet avec les armées, qui a entraîné la démission du chef d’état major des armés, Pierre de Villiers, déclare-t-il. «Les armées ne font pas ce qu’elles veulent, elles ne sont pas autopilotées», lâche le chef des armées, qui estime que cette affaire a été «une tempête dans un verre d’eau».

Fin du tirage au sort à l’université

Emmanuel Macron assure que désormais «on ne tirera plus les gens au sort» pour entrer à l’université et promet d’«entamer une révolution de l’éducation». «Nous ferons en sorte que l’on arrête par exemple de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde», déclare le chef de l’Etat en dénonçant les problèmes liés à «la désormais célèbre plateforme APB» (admission post-bac).

Feu sur les emplois aidés

Le président de la République estime que les emplois aidés ont été «trop souvent» une «perversion de la politique de l’emploi», dénonçant leur caractère «clientéliste» qui «suit souvent le cycle électoral». «C’est de la subvention déguisée vers les collectivités locales ou le secteur associatif », explique le chef de l’Etat qui rappelle que « le taux de retour à l’emploi durable des personnes concernées est en effet très faible.»

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