Les critiques répétées du président français Emmanuel Macron à l’encontre du gouvernement polonais relèvent du message de politique intérieure et ne « concernent pas directement la Pologne », a estimé ce jeudi le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski.

Le ministre des Affaires étrangères en visite à Budapest a également jugé nécessaire de ramener la discussion sur la réforme de la directive européenne sur les travailleurs détachés du « niveau politique et idéologique » au niveau technique, espérant possible un « compromis ».

A propos des critiques d’Emmanuel Macron envers Varsovie, M. Waszczykowski a estimé que « certains de ses propos sont directement à usage politique national car le président Macron est dans une situation difficile du fait de devoir produire des résultats maintenant (…) ». « Ainsi je comprends que certains de ses commentaires ne concernent pas directement la Pologne mais l’opinion publique de son pays », a-t-il ajouté à l’issue d’une réunion avec ses homologues du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchèquie, Slovaquie).

Emmanuel Macron a dénoncé la « politique très préoccupante » menée selon lui par le gouvernement polonais, qu’il accuse notamment de « remettre en cause » l’Etat de droit, dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point publié jeudi. Il avait violemment critiqué le 25 août, lors d’une tournée en Europe centrale, le refus polonais de durcir la directive sur le travail détaché.

Pour autant, M. Macron « est bien sûr le bienvenu en Pologne », a ajouté M. Waszczykowski ajoutant que des préparatifs étaient également en cours pour « essayer d’organiser à Paris la visite d’un ministre chargé des questions sociales » pour discuter de la directive. « J’espère que lorsque nous déplacerons cette question de l’agenda politique à la discussion technique, nous trouverons une solution de compromis pour l’ensemble de l’UE », a-t-il poursuivi.

Le ministre polonais a également regretté que, selon lui, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans ait « décidé d’aller au-delà des prérogatives d’un Eurocrate d’une institution européenne: il a lancé un débat politique, une action politique contre la Pologne », sous pression de l’UE depuis plusieurs semaines en raison de réformes de la justice notamment.

Le chef de la diplomatie hongroise, Peter Szijjarto, a exprimé sa solidarité avec Varsovie et réaffirmé l’unité du groupe de Visegrad face « aux tentatives au sein de l’UE » de diviser l’association de ces quatre pays de l’Est. Emmanuel Macron avait rencontré lors de sa tournée les dirigeants tchèques et slovaques mais pas leurs voisins hongrois et polonais.

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