De nouveaux gestes «haineux», commis contre la communauté musulmane de la capitale québéquoise, ont rendu le maire de la ville Régis Labeaume «profondément déçu» et «inquiet».

 

Cela «ne ressemble pas à Québec», a-t-il déclaré, mercredi, lors d’un point de presse où il a répété que les musulmans «sont nos voisins et nous les aimons».

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Le politicien sait depuis le 7 août que l’automobile du président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) a été incendiée. Il a été mis au courant par la police en raison du caractère potentiellement politique et explosif de la situation.

«Nous avons alors convenu de garder le silence sur l’événement afin de permettre à l’enquête de progresser. Les membres du Centre culturel ont finalement décidé de rendre l’information publique et m’en ont informé au préalable», a raconté M. Labeaume, lisant ses notes sur un lutrin à l’entrée de l’hôtel de ville.

«Je suis toujours profondément déçu et sous le choc d’apprendre ce geste haineux posé contre M. Labidi, d’autant plus que ce crime a été perpétré au lendemain de l’annonce que nous avons faite ensemble concernant la transaction qui permettait la création d’un cimetière musulman à Québec», a-t-il élaboré. Y a-t-il un lien entre les deux? «Je serais surpris qu’il n’y en ait pas», a-t-il précisé plus tard.

«Ce geste ne ressemble pas à Québec. Québec est une ville ouverte et tous et toutes doivent pouvoir vivre ensemble en sécurité et dans le respect», a martelé le maire, condamnant «absolument et totalement» ce qui s’est passé.

La Ville de Québec a offert «tout le soutien nécessaire» aux personnes visées, a assuré l’élu, sans dire s’ils sont sous constante surveillance policière. Il n’a pas donné de détails sur l’enquête, mais assuré que les policiers ont tous les moyens pour faire leur travail.

Régis Labeaume a répété au cours des derniers mois que la tuerie du 29 janvier, qui a fait six morts à la mosquée de Québec, était l’acte isolé d’un homme déséquilibré. Mercredi, il a admis que les gestes «s’additionnent». «Ça ne peut pas devenir un pattern. Ça nous préoccupe beaucoup, beaucoup, beaucoup. Le 29 janvier, c’était un geste isolé et là, vous avez un nouveau geste isolé», a-t-il dénoncé.

L’inquiétude est grande dans la communauté musulmane, a rapporté le maire. Le silence était devenu difficile à tenir et la décision a été prise par le CCIQ d’informer la population. La Ville de Québec ne s’est pas opposée.

Il faut prêter davantage attention à l’extrême droite à Québec, dit le CCIQ

Dans un communiqué de presse, le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) dénonce «ce crime haineux» et ajoute que celui-ci s’ajoute à une longue liste de gestes du même acabit commis contre l’organisme et ses membres. Ainsi, quelques jours après que la voiture fut incendiée, des excréments ont été jetés à la porte de la Grande Mosquée de Québec et ce, sans oublier l’attentat de janvier dernier qui a fait six morts, plusieurs blessés et de nombreux endeuillés.

Le CCIQ soutient qu’il ne «s’agit plus de simples manifestations d’extrémistes contre l’immigration» puisque leurs actes portent désormais atteinte aux vies des musulmans de Québec. L’organisation fait appel à la générosité des citoyens pour dénoncer les gestes criminels et s’y opposer ainsi qu’à ceux qui les perpétuent.

Le Centre exhorte finalement les Québécois ainsi que les politiciens de la province et du pays à prêter une attention particulière «à la montée de l’extrême droite dans la Ville de Québec» ainsi qu’à mettre les moyens en oeuvre pour lutter contre celle-ci.

«Nous devons faire vite pour que ces extrémismes n’aient aucun espace, ni pour semer la terreur dans notre société, ni pour tuer quiconque: la société québécoise et canadienne ne mérite pas cette haine», conclut le communiqué, signé par le CCIQ qui précise qu’il n’accordera pas d’entrevue sur sujet.

 

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