L’ancien ministre de la Défense a lui aussi critiqué ligne «très à droite» du candidat à à la présidence du parti socialise de la France Laurent Wauquiez a et lancé un appel pour constituer une nouvelle force.

À l’intérieur de la droite et du centre, les signes de division s’accumulent à trois mois de l’élection à la présidence des Républicains, qui se tiendra les 10 et 17 décembre. Dernier en date, l’ancien ministre de la Défense Hervé Morin, président (UDI) de la région Normandie, a lancé ce samedi un appel à la constitution d’un nouveau parti, moins à droite que LR, s’appuyant davantage sur les régions et s’opposant au «jacobinisme» d’Emmanuel Macron. «La France de demain, ce n’est pas seulement l’État. C’est la France des territoires, des régions, des métropoles…», a lancé Hervé Morin à l’occasion de sa rentrée politique dans l’Eure, dont il a été longtemps député.

Tout en se refusant «à entrer dans ce discours de l’État central inconséquent et des collectivités locales formidables pour la gestion des deniers publics», le président normand a estimé que 80% de la croissance française venait des régions et que «cela le président de la République ne le dit pas assez et dit en fait le contraire». «Le fait de faire porter aux collectivités seules l’effort national de réduction des dépenses publiques, ce n’est ni plus ni moins que recentraliser, qu’affaiblir le pouvoir local au profit d’un État de plus en plus jacobin», a affirmé Herve Morin. Tout en formulant ses critiques vis-à-vis de l’exécutif, il s’est dit attaché à ce que la politique d’Emmanuel Macron réussisse «sur l’emploi, sur l’école, sur la dette publique, sur la modernisation de notre pays». «Je ne suis pas ‘En marche’ mais, comme vous, je veux que ça marche», a-t-il dit.

Critiques contre Laurent Wauquiez et sa ligne «très à droite»

Pour résister à cette tendance et donner une impulsion «plus girondine» à la politique française, Hervé Morin a appelé à la constitution d’une nouvelle formation de la droite et du centre qui ne suivrait pas la ligne «très à droite» de Laurent Wauquiez, favori pour la présidence de LR. Elle pourrait s’appuyer notamment, a-t-il précisé à l’AFP, sur des leaders régionaux comme Valérie Pécresse en Île-de-France, Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France ou encore Bruno Retailleau dans les Pays de la Loire.

Des propos qui font écho à ceux de Valérie Pécresse dans Le Parisien de ce samedi. La présidente de la région Île-de-France a vivement critiqué le «repli identitaire» de Laurent Wauquiez, mettant en garde contre le risque d’un éclatement du parti Les Républicains en cas de victoire de son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes. L’ancienne ministre qui a décidé de ne pas se présenter met en garde contre toute «porosité avec le Front national», qu’elle qualifie de «ligne rouge». «Si la droite met les doigts dans cet engrenage-là, ça ne sera plus la droite. Ce ne sera plus ma droite», avertit celle qui se définit comme une «gaulliste sociale» dans la droite ligne de Jacques Chirac.

Ce sombre pronostic en cas de victoire de Laurent Wauquiez se retrouve également dans les mots de Laurence Sailliet, première candidate déclarée à la présidence des Républicains, qui dénonce ce samedi sur Europe 1 la tentation des militants de choisir un candidat qui se servirait de ce poste pour préparer une candidature présidentielle, estimant que ce serait «la fin du parti». Membre du bureau politique de LR depuis 2011, celle qui se définit comme «ouverte, libérale et européenne», a également mis en garde contre tout rapprochement avec Sens Commun, émanation de la Manif pour tous, alors que Laurent Wauquiez a affirmé jeudi que cette organisation était «aussi une composante» de la famille politique LR. «Quand on cite comme partenaire de notre parti un mouvement qui exclut les autres, je ne pense pas que nous allons reconquérir le cœur des Français», a-t-elle dit, promettant pour sa part de défendre «une droite qui promeut les libertés», y compris «la liberté de choisir sa vie personnelle». À droite et au centre, les divisions sont nombreuses, y compris sur le fond.

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