Un collectif d’avocats camerounais a demandé la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone dans ce pays, après la décision présidentielle ordonnant l’arrêt des poursuites engagées contre des leaders de cette minorité linguistique.

Dans un communiqué de presse publié tard vendredi, le collectif regroupant une centaine d’avocats a dénoncé une « application discriminatoire » de la décision du président camerounais Paul Biya. Le collectif n’a pas précisé le nombre de personnes encore détenues. Mercredi, Paul Biya a ordonné l’arrêt des poursuites engagées contre des militants anglophones – poursuivis notamment pour « terrorisme » – devant le tribunal militaire de Yaoundé.

« Tous ceux qui n’ont pas de sang sur la main, tous ceux qui n’ont pas cassé, tous ceux qui n’ont pas profané les symboles de l’Etat, tous ceux qui n’ont pas incendié des écoles et des institutions seront libérés », avait affirmé jeudi à l’AFP Issa Tchiroma Bakary.

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone – environ 20% de la population camerounaise estimée à 22 millions – proteste contre ce qu’elle considère comme une marginalisation. Une grève des avocats, suivie de celle des enseignants, a dégénéré en crise socio-politique dans les deux régions anglophones, au point de menacer le bon déroulement de l’élection présidentielle prévue en 2018, d’après des experts. Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme alors que d’autres réclament la partition du pays. Deux hypothèses que refuse Yaoundé.

L’existence d’une minorité anglophone est un héritage de l’histoire du Cameroun. A la fin de la Première guerre mondiale, la tutelle de l’ex-colonie allemande a été confiée à la France et à la Grande-Bretagne (pour la partie frontalière du Nigeria). A l’indépendance en 1960, le Cameroun a été une République fédérale jusqu’en 1972, avant de devenir une République unie.

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