D’après des pronostics, seuls 7 pays de l’UE afficheraient un excédent budgétaire à la fin 2017. Le cas de l’Allemagne, qui a de nouveau des chances de se classer en tête, est loin d’être représentatif: les grand pays de l’Europe continentale que sont la France et l’Espagne peinent encore à ramener leur déficit public sous la barre des 3%

Dans ses dernières prévisions économiques publiées au printemps 2017, la Commission européenne évaluait positivement les perspectives de l’économie européenne, soulignant que la reprise de l’économie des pays de l’UE était entrée dans sa cinquième année successive. Ce rapport augurait la diminution des taux de déficit public moyen dans l’UE qui devrait passer de 1,7% en 2016 à 1,6% en 2017 et à 1,5% en 2018. Allons au-delà de cette vue d’ensemble, pour voir où en sont les choses dans chacun des 28 pays de l’Union européenne et, par conséquent, pour juger si c’est bien la voix des pays dont l’économie reste ébranlée par des facteurs internes ou externes qui est prise en compte lors de l’adoption des décisions collectives à l’échelle européenne.Les heureux élus qui jouissent d’un excédent budgétaire

D’après les données fournies par la direction générale des affaires économiques et financières de la Commission européenne, seuls sept pays de l’UE devraient afficher un excédent budgétaire à la fin de cette année.

C’est l’Allemagne qui pourrait arriver en tête avec +0,5% du PIB. En 2016, ce pays, qui donne le ton des décisions européennes, avait déjà enregistré l’excédent budgétaire le plus important depuis sa réunification (+0,8%). Ce résultat contraste avec d’autres grands pays de l’Union européenne, notamment la France et l’Espagne qui ne parviennent toujours pas à ramener leur déficit public sous la barre des 3%, exigée par les traités européens.Les Pays-Bas et Malte pourraient afficher le même résultat que l’Allemagne, soit 0,5%, contre respectivement 0,4% et 1% à l’issue de l’année 2016. Viennent ensuite la Suède avec 0,4% (contre 0,9% en 2016) et la République Tchèque (+0,3%), d’après les prévisions. Au Luxembourg et à Chypre, l’excédent est prévu à 0,2% du PIB.

Une série de pays qui affichaient un excédent en 2016 — la Bulgarie, l’Estonie, la Grèce, la Lituanie, la Lettonie — pourraient passer passer dans le rouge en 2017, estiment les auteurs du rapport. D’ailleurs, pour la Grèce, pays accablé par ses créanciers, il pourrait s’agir d’une chute assez brusque: —1.2% contre +0,7% l’année passée.

Déficit ou excédent, la carte des prévisions pour les pays de l'UE à la fin 2017

Déficit ou excédent, la carte des prévisions pour les pays de l’UE à la fin 2017

Les pays de l’UE souffrant d’un déficit budgétaire

La France, dont le déficit public s’établissait à 3,4% du PIB à l’issue de l’année 2016, afficherait une amélioration en 2017 avec —3,0%, comme l’avait bien promis Édouard Philippe. Toutefois, déjà en 2018, l’Hexagone risque de reculer à nouveau à —3.2%.

Le déficit du Royaume-Uni, pays qui s’apprête à quitter l’Union européenne, se maintiendrait cette année à 3%, pour retomber en 2018 à 2,3%, d’après les prévisions. Toutefois, cette monarchie avait déjà cédé sa place de 6ème économie mondiale à l’Inde.

Une légère amélioration est prévue en Italie où cet indice passerait à —2,2% à l’issue de 2017 contre —2,4% au cours de l’année précédente. Pourtant, certains experts auguraient encore au début de l’année en cours que ce pays pourrait quitter la zone euro suite à l’accumulation de problèmes économiques et politiques.

C’est l’Espagne qui semble avoir réalisé un bond impressionnant, selon les pronostics, de —4,5% à —3,2% en une seule année. En Belgique une amélioration est en vue (-1,9% contre —2,6%) et le Portugal oscille autour de —2.0%: —1,8% en 2017, puis —1,9% en 2018. En Pologne, le déficit devrait se creuser légèrement (-2.4% en 2016, —2.9% en 2017 et en 2018).C’est la Roumanie qui affiche pour l’instant le pire résultat parmi les pays de l’UE avec —3,5% en 2017, puis —3,7% en 2018, soit une dégradation par rapport à 2016 (-3,0%).

Donc, quand on parle d’objectifs communs et de stratégies communes à tous les pays de l’UE, prend-t-on en compte les intérêts économiques des 28 ou bien les décisions adoptées à l’échelle européenne ne font-elles le jeu que des quelques États décideurs? Reste à espérer que l’Allemagne — leader économique de l’UE, réponde aux appels de la Commission européenne et d’autres personnalités, dont à l’époque Michel Sapin, qui l’avaient incité à profiter de ses excédents pour dépenser plus et, par conséquent, stimuler la croissance à l’échelle européenne.

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