Les journaux continuent de se faire peur ce mardi, sans doute à juste titre, à propos de la Corée du Nord.

« L’effrayant Monsieur Kim », c’est le grand titre du Parisien. « Après avoir fait exploser une bombe H, le dictateur nord-coréen Kim Jong-un poursuit l’escalade. Et nul ne semble pouvoir le stopper, s’alarme le journal. A chacun de ses sinistres coups d’éclat, Kim Jong-un sourit de plus belle, commente Le ParisienHeureux de constater que son petit pays, 25 millions d’habitants et une puissance économique 650 fois inférieure à celle des Etats-Unis, réussit à faire trembler la planète. Ravi, aussi, de voir que son ennemi préféré, Donald Trump, répond systématiquement à ses provocations. »

En effet, renchérit Le Midi Libre, « un peroxydé lifté contre un nounours psychopathe : voilà à quoi tient le destin de notre planète. L’escalade militaire du jeune despote nord-coréen face à la réponse nucléaire du président américain n’augure rien de sage (…). La contre-attaque américaine sous le registre de la menace s’avère parfaitement contre-productive. Le conflit qui se joue sous nos yeux pourrait prendre une autre dimension. » Et Le Midi Libre de s’interroger : « après la bataille des gros bras, la bataille du bouton rouge ? »

L’impuissance des puissances

« Donald Trump est une grande gueule, s’emporte Le Courrier PicardEn politique télévisuelle, il s’en sort. Sur la scène internationale, c’est autre chose. Prédire le feu et l’anéantissement à la Corée du Nord, c’est ce qu’il a fait et c’est irresponsable. »

D’autant que le message américain est brouillé, s’inquiète Le Monde : « Donald Trump manie des menaces apocalyptiques peu crédibles, pendant que son équipe maintient que la voie diplomatique reste ouverte. Autant de signaux confus et inefficaces. La Chine, dont la Corée du Nord dépend pour sa survie économique, a été complaisante, sinon complice. La perspective de ce voisin incontrôlable équipé de l’arme nucléaire ne lui plaît pas. Mais celle d’imaginer un effondrement du régime de Pyongyang, entraînant une réunification de la péninsule coréenne sous l’égide d’une Corée du Sud alliée militaire des Etats-Unis, encore moins. La Chine accepte trop facilement le risque Kim. » Alors, estime Le Monde, « seul un front uni sino-américain semble capable, sinon d’empêcher que Pyongyang se dote de l’arme nucléaire, du moins d’en contenir les effets déstabilisateurs. Donald Trump et Xi Jinping sont comptables de la question coréenne. »

Finalement, conclut Sud-Ouest, « le nouvel essai nord-coréen fait basculer la menace à l’échelle globale. L’enchaînement de tests balistiques et souterrains, en dépit de toutes les mises en garde et sanctions internationales, a conduit le monde au bord du précipice sans que l’on sache si cette équation géopolitique à plusieurs inconnues a une solution praticable. Que veut exactement Kim Jong-un ? Faire chanter la planète ou simplement obtenir son ticket d’entrée au club des puissances nucléaires ? »

En tout cas, pointe encore Sud-Ouest, « la leçon de ce nouvel épisode du feuilleton de Kim l’atomique est l’impuissance des puissances. »

Au compte-gouttes

A la Une également, la France veut faciliter les expulsions de clandestins… C’est le grand titre du Figaro qui constate que « les trois quarts des clandestins interpellés restent en France. Pour les éloigner, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, promet des moyens et une réforme du cadre juridique. »

Le quotidien de droite applaudit : « c’est un sujet sur lequel tous les gouvernements ont buté jusqu’ici. L’expulsion des étrangers arrêtés en situation irrégulière se fait au compte-gouttes. En 2016, seuls 13 000 sur 91 000 clandestins interceptés ont quitté le territoire. (…) Ce laisser-faire est de moins en moins acceptable, s’insurge le quotidien de droite. Avec raison, le gouvernement veut s’attaquer à ce fléau. Le chef de l’Etat doit peser de tout son poids pour que les accords de Schengen et Dublin soient revus de fond en comble. Toute solution au renvoi des clandestins sera illusoire aussi longtemps que l’Europe restera une passoire. »

Espion

Une affaire d’espionnage à la Une de Libération… « Comment le Maroc a espionné la France », titre le journal. Libération qui révèle qu’un capitaine de la police aux frontières de l’aéroport d’Orly est soupçonné d’avoir fourni illégalement des informations à un agent marocain. Cet officier de police français aurait bénéficié de voyages au Maroc et de remises d’argent en espèces contre des informations extraites de fichiers de police, notamment sur des personnes fichées S.

Pourtant, pointe Libération, la coopération entre services français et marocains semble très étroite, « indispensable même depuis la vague d’attentats. »

Exode forcé

Dans Libération, toujours, coup de projecteur sur l’exode forcé des Rohingyas… « Victime d’un nettoyage ethnique orchestré par le régime birman et des milices bouddhistes, la minorité musulmane birmane fuit les exactions. Selon l’ONU, en dix jours, près de 90 000 personnes ont trouvé refuge au Bangladesh, confronté à une nouvelle crise humanitaire. (…) Des milliers d’habitants ont pris la route pour fuir non seulement la pauvreté, mais également les violences et les destructions, pointe LibérationEt depuis, en une file indienne ininterrompue au milieu des rizières, sur des chemins boueux trempés par la mousson, sur des bateaux de fortune, ils quittent des villages incendiés et des maisons rasées. Ces damnés de l’Asie ont tout abandonné. »

Du miel contrefait !

Enfin, à lire ce reportage dans Le Figaro sur « le miel, ce nouvel or jaune qui attise les trafics en tout genre. »

Le Figaro qui relève qu’« avec le vin et l’huile d’olive, le miel fait partie des trois denrées agricoles les plus contrefaites au monde. » Pourquoi ? Eh bien, répond le journal, « alors que la consommation de ce produit aux multiples qualités augmente, la production est en chute libre à cause de la disparition des abeilles. Conséquence : le nombre de falsifications se multiplie. Un fléau pour l’industrie apicole. »

Comment et où le miel est-il contrefait ? Par ajout de produits sucrants à bas prix, répond Le Figaro. Par de fausses mentions d’origine, également. Ces pratiques ont cours en Chine, ou encore dans certains pays de l’est comme la Bulgarie. Et le miel contrefait en provenance de ces pays inonde l’Europe. Il y a là « tromperie sur l’origine de la marchandise, dénonce Le Figaroet concurrence déloyale par rapport à la grande majorité des producteurs qui font correctement leur travail. » En France, précise encore le journal, « la répression des fraudes a diligenté une enquête nationale au début de l’été dans plus de 50 départements. »

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