«Médecins du monde Espagne» a demandé aujourd’hui qu’une enquête indépendante soit lancée pour «éclaircir les circonstances exactes de la mort» présumée de sept Africaines, après l’interception au large de Melilla d’une embarcation transportant des dizaines de migrants.

«Sept femmes de nationalité congolaise et guinéenne sont mortes, selon des informations de l’association Caminando Fronteras», dont «quatre ont été localisées à la morgue de la ville (marocaine) de Nador», écrit l’association dans un communiqué. «Il faut éclaircir les circonstances exactes de ces morts».

La journaliste Helena Maleno, membre de Caminando Fronteras, a expliqué à l’AFP que selon des témoignages de survivants, «une embarcation de fortune, avec 45 personnes à bord, était arrivée le jeudi 31 août tout près d’une plage» de l’enclave espagnole de Melilla, dans le nord du Maroc. «Une partie des personnes se sont jetées à l’eau pour essayer de gagner la plage à la nage, certaines ont été recueillies par la Garde civile espagnole, les autres par la Marine marocaine».

Mais selon elle, les forces marocaines étaient là pour mener une opération de «refoulement à chaud» des migrants vers le Maroc. Et «l’embarcation s’est renversée» alors que leur zodiac la tirait avec une corde. A proximité de la plage de Melilla, «des réfugiées se sont retrouvées tout près de fonctionnaires européens qui ne les ont pas protégées. Et ensuite elles ont fini à la morgue, mortes». L’AFP n’a pu obtenir d’informations auprès des autorités marocaines.

Selon le porte-parole de la Garde civile à Madrid, 22 personnes munies de gilets de sauvetage se sont jetées à l’eau : «Treize venaient vers les eaux espagnoles et la Garde civile leur a porté secours, neuf autres ont été recueillies par la gendarmerie marocaine».

«Nous avons transporté les 13 au port de Melilla. Nous n’avons aucune idée de ce qui a pu se passer ensuite» avec l’embarcation. Médecins du monde Espagne a demandé la création à Madrid d’une commission parlementaire pour réviser les pratiques de «refoulements à chaud» de migrants menées en violation des droits.

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