Le projet de loi «immigration et asile» doit permettre au modèle français de se rapprocher du modèle allemand afin de permettre une plus grande efficacité face à un défi commun, a déclaré aujourd’hui Emmanuel Macron.

Comme ses voisins européens, la France a été confrontée en 2015 et 2016 à des flux sans précédent de migrants fuyant les zones de conflit, qui ont saturé les dispositifs d’accueil et asphyxié un système d’asile déjà à bout de souffle. Faute de places suffisantes en structure d’accueil, les migrants arrivant sur le sol français se retrouvent à vivre souvent dans la rue, livrés à eux-mêmes, dans des conditions de vie qualifiées d'»inhumaines» par le Défenseur des droits.

«Si nous n’engageons pas cette refondation (de la politique d’accueil et d’asile-NDLR), c’est le consensus républicain, autour de notre tradition d’accueil et d’asile qui risque d’être remis en cause», a estimé le chef de l’Etat, devant les préfets réunis à l’Elysée. «Les seuls gagnants de cette situation ce seront les extrêmes (…) C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement de présenter un projet de loi, en vue de son adoption au premier semestre 2018», a-t-il dit.

«Le texte de loi, je souhaite qu’il ait un objectif simple : que le modèle français se rapproche du modèle allemand. Nous avons des défis communs, ils vont supposer une adaptation de la réglementation européenne en commun. Rapprochons nos droits, soyons plus efficaces». Le projet de loi, qui sera porté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, «comportera plusieurs dispositions» permettant «d’améliorer les retours dans les pays d’origine, de manière très concrète, en faisant comme nos voisins, en particulier l’Allemagne.»

La question du droit d’asile est source de tensions entre les pays membres de l’Union européenne dont les désaccords ont émergé avec la crise de 2015, notamment entre l’Allemagne et l’Italie et la Pologne et la Hongrie.
Emmanuel Macron a donc une nouvelle fois souhaité une meilleure coopération et des avancées au niveau européen, saluant au passage la qualité des échanges avec l’Italie, en première ligne sur la question des migrants. «Il y a aujourd’hui sept textes qui constituent le paquet asile, je souhaite que nous puissions accélérer leur discussion, leur redonner une véritable cohérence parce que notre réponse est aussi une réponse européenne», a-t-il dit.

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