Le député, mis en examen pour «violences volontaires», a devancé son exclusion du parti en le quittant de lui-même. Il reste — pour l’instant — député non-inscrit.

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Il a pris les devants. Convoqué ce mardi par le conseil d’administration de La République en marche en vue d’une possible exclusion, le député M’jid El Guerrab, mis en examen après avoir agressé à coups de casque le cadre socialiste Boris Faure, a choisi de démissionner du mouvement macroniste. «Pour ne pas entraver le travail de la majorité parlementaire et afin d’assurer ma défense de la manière la plus sereine possible, j’ai décidé de soumettre ma démission du mouvement La République en marche aux membres du conseil d’administration», a déclaré le député de la 9e circonscription des Français de l’étranger dans un communiqué. Il «réitère encore une fois (s)es plus sincères regrets concernant la tournure prise par les événements».

Le parti présidentiel, qui souhaitait se débarrasser de l’encombrant député, a pris acte de sa décision par voie de communiqué: «Eu égard à l’extrême gravité des faits et indépendamment de la procédure judiciaire en cours, La République en marche a accepté cette démission et mis ainsi un terme à la procédure de sanction engagée qui aurait conduit à son exclusion du mouvement».

La pression s’accentue sur les épaules du député

Désormais, M’jid El Guerrab devrait siéger dans l’hémicycle parmi les députés non-inscrits. A condition qu’il reste député… Car la pression s’accentue sur ses épaules, plusieurs responsables importants de la majorité l’invitant à démissionner de son mandat. C’est le cas de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, ou du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, qui a assuré qu’il «démissionnerai(t)» de son mandat de député s’il était à sa place. La République en marche, qui met en avant ses «valeurs de progrès», d’«exemplarité», de «respect d’autrui», a précisé qu’il «appartient dorénavant à M’Jid El Guerrab de prendre toutes ses responsabilités et de justifier devant ses électeurs de la poursuite de son mandat».

M’jid El Guerrab peut-il être forcé de démissionner en cas de condamnation? Oui, si les juges choisissent de le condamner à une peine d’inéligibilité. Promesse d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, l’inéligibilité automatique des personnes disposant d’un casier judiciaire a en revanche été abandonnée dans le cadre de la loi sur la moralisation de la vie publique, votée cet été. L’Assemblée s’est prononcée en faveur «d’une peine complémentaire obligatoire d’inéligibilité» en cas de manquement à la probité. Les députés visaient avant tout la probité financière, mais un amendement déposé par le groupe LREM, et adopté depuis, a ajouté «les faits de discrimination, d’injure, de diffamation publique, de provocation à la haine raciale, sexiste ou à raison de l’orientation sexuelle». Rien ne concerne explicitement les violences physiques.

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