Martin Schulz, candidat du SPD à la chancellerie allemande, espère faire valoir son parcours atypique pour battre Angela Merkel. Mais les sondages le donnent encore loin derrière sa rivale.

Au début de l’année, l’annonce de la candidature à la chancellerie de Martin Schulz sous les couleurs du SPD fait l’effet d’une « bombe ». Les militants sont euphoriques de l’arrivée d’un peu de « sang neuf », après que Sigmar Gabriel, le chef du parti social-démocrate, ait jeté l’éponge. Agé de 61 ans, Martin Schulz est moins connu en Allemagne qu’au sein des instances européennes où il a passé le plus gros de sa carrière.

Le foot, l’alcool, l’Europe

Rien ne prédestinait Martin Schulz à embrasser une carrière politique. Originaire de l’ouest de l’Allemagne (Eschweiler, près d’Aix-la-Chapelle), il quitte l’école tôt, sans diplôme. Il envisage un temps de devenir footballeur professionnel. Une blessure au genou l’en dissuade. Il devient alors alcoolique.

C’est une formation de libraire qui lui permet de s’en sortir. Il devient le plus jeune maire de sa région et le reste pendant onze ans, jusqu’en 1998.

Il connaît l’UE comme sa poche

Ce parcours étonnant ne suscite pas d’intérêt en Allemagne, alors Martin Schulz joue la carte européenne. En 1994, il est élu eurodéputé, il siège au Parlement européen durant 22 ans et en devient même le président pendant cinq ans, de 2012 à 2017.

D’un abord souriant, Martin Schulz parle allemand, bien sûr, anglais, italien et français, aussi, couramment. Pendant la campagne électorale des législatives, Martin Schulz met son image d’homme du peuple en avant.

Cette chanson (écouter ci-dessous) qui tourne sur Internet chante les louanges du « train Martin Schulz » que rien ne peut arrêter, une chanson qui prend les accents de mineurs de fond, électorat traditionnel du SPD.

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Proche « des vraies gens » ?

Mais sa longue carrière entre Bruxelles et Strasbourg vaut à Martin Schulz des critiques de ses détracteurs qui lui reprochent au contraire d’être un « eurocrate », loin des « vraies gens ». Martin Schulz, lui, axe sa campagne sur la tolérance et la justice sociale. Lors d’un meeting, il déclare: « Je veux que le respect redevienne la base de nos relations. Le respect n’a rien à voir avec le revenu, ni avec le statut social ou le prestige », et il ajoute : « Je veux que chaque homme, chaque femme, chaque famille ait le même droit au respect dans ce pays ».

Toutefois, l’engouement des débuts est retombé. Finie, la vague de nouvelles adhésions au SPD, le parti a encaissé trois lourdes défaites électorales coup sur coup aux élections régionales. La côte de popularité du candidat Schulz dans les sondages est retombée à un peu plus de 20 %, bien loin derrière sa principale rivale, Angela Merkel.

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