Emmanuel Macron ira-t-il au bout de son mandat ? Depuis quelques jours, la France insoumise laisse entendre que le chef de l’Etat pourrait connaître un quinquennat plus court que prévu.

« Nous voulons empêcher monsieur Macron d’aller au bout de sa politique », a répété ce mardi Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV. « S’il veut s’en aller, c’est son affaire, mais faire tomber sa politique, ça, c’est clair. Le moment viendra où nos compatriotes vont comprendre qu’ils se sont fait avoir, parce qu’ils n’ont pas voté pour tout ça ».

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D’autres Insoumis sont plus explicites : « Je ne serai pas triste qu’il n’aille pas jusqu’au bout de son mandat […] si on peut terminer le calvaire le plus tôt possible, je ne vais pas m’en plaindre », a indiqué sur la même chaîne Raquel Garrido, l’animatrice insoumise. « Au vu de la pente glissante prise en seulement quelques mois, on peut raisonnablement douter que ça puisse durer 5 ans » a abondé Adrien Quatennens, le député de la FI sur France Inter. « Nous devons nous tenir prêts à tout ce qui peut arriver. »

« J’ai l’impression qu’ils souhaitent qu’il y ait une forme de conflit civil dans le pays »

« Ils essayent de faire croire au pays qu’il est possible que le gouvernement ou que le président tombe ? Ils prennent leurs désirs pour des réalités. Je trouve ça étonnant », réagit Pacôme Rupin, député LREM de Paris. « Quand on les entend parler de « coup d’État social », j’ai l’impression qu’ils souhaitent qu’il y ait une forme de conflit civil dans le pays. Pour l’instant, ils n’en appellent pas à la violence, mais ça plonge le pays dans un climat délétère. Je trouve ça irresponsable. Je respecte pourtant leur projet de société, mais là, j’ai le sentiment que Jean-Luc Mélenchon n’a toujours pas digéré sa défaite ».

Face aux accusations, l’ancien candidat à la présidentielle a ironisé : « Vous nous voyez aller en manifestation pour dire on va renverser le président et le sortir de l’Elysée ? Ça n’a pas de sens, moi je crois aux élections ». Alexis Corbière, lui, s’agace : « Le pouvoir veut décrédibiliser le pouvoir de manifester, veut nous caricaturer. Je vois bien la volonté de nous présenter comme des partisans possibles d’un coup de force antidémocratique […] Notre objectif est d’empêcher une politique néfaste pour le pays ».

Le député de Seine-Saint-Denis poursuit : « Est-il légitime et démocratique qu’un gouvernement impopulaire méprise son peuple ? Si l’impopularité se confirme, s’approfondit élection après élection, est-il absurde qu’un président démocrate constate le problème et veuille le régler par les urnes ? »

Impopularité et dissolution

C’est là le plan de la France insoumise : miser sur l’impopularité croissante du chef de l’Etat et les défaites d’En Marche aux élections intermédiaires. Puis espérer, à terme, une dissolution de l’Assemblée nationale, comme le fit par exemple Jacques Chirac en 1997. L’argument paraît aujourd’hui peu probable.

« Le peuple souverain a choisi Emmanuel Macron et lui a donné une majorité à l’Assemblée pour mettre en place son programme », note Pacôme Rupin. « Je veux bien qu’on parle des élections de 2019 ou 2020, mais nous ne sommes au pouvoir que depuis trois mois. Attendons un peu de voir comment la majorité et le gouvernement impriment leur agenda ». Le marcheur balaie les mauvais sondages de l’exécutif ou l’inquiétude des Français face à la loi Travail.

« Il y a un ras-le-bol, et la moindre erreur se paye très cher dans l’opinion. Mais ce qui est important, c’est qu’Emmanuel Macron reste populaire dans sa base électorale. Concernant la loi Travail, elle n’a pas l’air de désobliger une partie de la population », poursuit le député. Les deux manifestations de septembre permettront d’en savoir un peu plus.

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