Les forces de sécurité du Bangladesh craignent que des militants islamistes locaux n’utilisent la violence contre les Rohingyas, minorité musulmane persécutée et réfugiée dans le pays, pour recruter des nouveaux combattants, a indiqué un responsable samedi.

Près de 300.000 personnes, pour la plupart des Rohingyas, sont arrivées depuis fin août au Bangladesh pour fuir les troubles de l’Etat Rakhine, dans le nord-ouest de la Birmanie, selon l’ONU.

Les civils fuient leur région depuis que l’armée birmane a lancé une vaste opération à la suite d’attaques fin août contre des postes de police par les rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), qui dit vouloir défendre cette minorité.

Selon Monirul Islam, le directeur de l’unité antiterroriste de la police de Dacca, les autorités bangladaises surveillent désormais toute tentative d’utilisation de cette violence envers les Rohingyas pour attirer de nouveaux combattants das les rangs des extrémistes locaux.

« Nous avons pris des mesures de surveillance appropriées et nous sommes en alerte contre les actions des militants inactifs qui pourraient s’inspirer de cette violence ou l’utiliser à des fins de recrutement« , a t-il expliqué aux journalistes.

La plupart des Rohingyas racontent des récits d’exactions de l’armée birmane et des militants bouddhistes: viols collectifs, meurtres… Sur les réseaux sociaux des images montrant des atrocités, apparemment commises contre eux, ont largement circulé, suscitant la compassion de la population musulmane au Bangladesh.

Depuis des décennies, des groupes extrémistes islamistes sont présents dans le pays, dont certains se sont battus aux côtés des moudjahidines en Afghanistan contre les forces russes (dans les années 1980), avant de rentrer au pays former leur propres cellules.

Les responsables se disent particulièrement inquiets que des groupes ne recrutent des étudiants parmi les milliers de séminaires islamiques – madrasa, écoles coraniques – du pays, qui voudraient se battre pour les droits des Rohingyas.

Plusieurs branches islamistes ont déjà appelé à armer les réfugiés et à aider à la libération de l’Etat Rakhine.

Le Bangladesh mène depuis longtemps une politique de « tolérance zéro » envers les extrémistes.

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