Dimanche 3 septembre, Emmanuel Macron avait condamné «avec la plus grande vigueur» le sixième essai nuclaire de Pyongyang. Le régime stalinien dénonce des «faits absurdes».

Un haut responsable nord-coréen a critiqué la France pour avoir estimé que les ambitions nucléaires de Pyongyang pouvaient être une menace pour l’Europe, affirmant que Paris devait d’abord abandonner son propre programme nucléaire.

«Récemment, de hauts dirigeants politiques français ont alarmé les gens en affirmant des faits absurdes concernant l’explosion réussie d’une bombe H pour missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) de la DPRK (Corée du Nord)», a déclaré Ri Tok-Son, directeur adjoint du département européen du ministère des Affaire étrangères nord-coréen, à Pyongyang, lors d’une interview à l’AFP vendredi.

Le président Emmanuel Macron avait appelé dimanche les Nations unies à «réagir rapidement» aux actions de Pyongyang et sommé l’UE d’y apporter une réponse «claire et unie». Son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait précisé que la Corée du Nord pouvait avoir la capacité de mener une frappe sur les Etats-Unis et même sur l’Europe, «en quelques mois».

«Ils se sont occupés (..) à formuler des remarques absurdes comme le missile de la Cordée du Nord peut frapper l’Europe», a réagi Ri Tok-Son, sans toutefois mentionner le nom de’Emmanuel Macron ou celui de Jean-Yves Le Drian. «Il est ridicule de dire que les armes nucléaires de la Corée du Nord, la force dissuasive contre le chantage et la menace nucléaire américaine, puissent viser l’Europe», a t-il ajouté. «Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d’abord abandonner ses armes nucléaires puisqu’elle n’est sous la menace nucléaire de personne».

La Corée du Nord a mené son sixième essai nucléaire il y a une semaine. Le régime a déclaré qu’il s’agissait d’une bombe à hydrogène ou bombe H miniaturisée et apte à être placée sur un missile. En juillet, il a aussi effectué deux tirs d’ICBM.

Les déclarations de Ri Tok-Son intervenaient quelques heures avant que les États-Unis demandent formellement à l’ONU de voter lundi un projet de résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Le projet de texte initial des États-Unis prévoit notamment un embargo sur le pétrole, l’interdiction d’importer du textile nord-coréen, un gel des avoirs du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, le renvoi dans leur pays des expatriés nord-coréens et la possibilité d’inspecter par la force des navires suspects en haute mer.

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