La droite slovène se prépare déjà pour la campagne des législatives de l’été 2018. Bien décidé à reprendre les rênes du pays, l’ancien Premier ministre Janez Janša a décidé de s’inspirer des méthodes de son ami Viktor Orbán, l’homme fort de Budapest.

Le parti démocratique slovène (SDS) a déjà perdu tout espoir de placer l’un de ses membres à la présidence. À quelques semaines de la présidentielle d’octobre, le sortant Borut Pahor est donné très largement favori. Du coup, la formation libérale de l’ancien Premier ministre Janez Janša mise tout sur les élections législatives de l’été 2018.

Les sondages sont d’ailleurs favorables au SDS, mais Janez Janša, écarté précocement du pouvoir en 2013 et emprisonné pour corruption de 2014 à 2015, ne veut rien laisser au hasard. Boudé par les principaux médias, le champion de la droite dure souhaite axer sa communication vers des journaux et une télévision à sa solde.

Modèle assumé : la Hongrie de Viktor Orbán. Humilié aux législatives de 2006, le très droitier Premier ministre hongrois a réussi un retour triomphal quatre ans plus tard à grands renforts de soutiens médiatiques. Son parti, le Fidesz, avait pris le contrôle de la totalité des médias pour se livrer à un travail de démolition permanente de l’opposition.

Le SDS et le Fidesz coopèrent de longue date. Au mois de mai, Viktor Orbán a assisté au congrès du SDS, reçu par un Janez Janša visiblement aux anges. L’entente entre les deux hommes n’est pas seulement politique, elle est également médiatique : le Fidesz a récemment investi dans la télévision et le journal détenus par le SDS.

PRENDRE LE CONTRÔLE DE L’OPINION

Au printemps, trois groupes médiatiques proches du Fidesz sont devenus actionnaires majoritaires de Nova24TV, avant d’y injecter 800 000 euros. Cet investissement simultané par trois médias hongrois a permis au SDS de contourner les obligations de demande d’agrément du ministère de la Culture.

Véritable organe de propagande du parti de Janez Janša, Nova24TV s’illustre régulièrement par ses productions remettant en cause le droit des femmes, l’Holocauste ou encore l’islam traditionnel. Le magnat magyar Peter Schatz, proche de Viktor Orbán, siège au sein du conseil d’administration de la chaîne et a racheté 52 % des parts de Nova Obzorja, l’entreprise éditirice de Demokracija, le journal contrôlé par le SDS.

Nova Obzorja s’apprête à lancer deux nouveaux titres populistes avec la bénédiction de Budapest : un journal en ligne et un hebdomadaire gratuit, Škandal24, dont la directrice de la rédaction sera la journaliste Marjanca Scheicher, auteure d’une biographie d’acteurs pornographiques et actuelle rédactrice en chef de Nova24TV.

Le SDS se sert de ces médias pour multiplier les attaques contre les hommes politiques du centre et de gauche accusés d’être d’anciens membres de la police secrète yougoslave. Ces titres se sont aussi engouffrés dans les attaques anti-Soros initiées par le Fidesz. Le groupe de Visegrád connaissant quelques dissensions depuis la croisade d’Emmanuel Macron pour réformer la directive « travailleurs détachés », une Slovénie dirigée de nouveau par Janez Janša serait une alliée de choix pour Budapest.

 

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