Le 13 septembre, les États-Unis vont pavoiser en l’honneur d’un nom à la résonance familière et aux multiples emblèmes nationaux.

Aux USA, l’Uncle Sam porte sur ses épaules la symbolique des heurs et des malheurs du gouvernement. Outre-Atlantique, Oncle Sam représente tout simplement le continent. Il a mérité les honneurs de la patrie en bénéficiant d’un National Day, célébré le 13 septembre. On le récupère à tout va, chez lui ou ailleurs, mais beaucoup se demandent qui il est au juste, au-delà de son image d’homme blanc affublé d’une barbichette, coiffé d’un imposant chapeau haut-de-forme orné de la bannière étoilée.

Son identité a été empruntée à un citoyen américain ayant existé, répondant au nom de Sam Wilson, né le 13 septembre 1766 dans le Massachussetts. Ce monsieur s’était fait connaître comme fournisseur de viande aux soldats engagés dans la guerre de 1812 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Pour identifier ses cargaisons de viande, Wilson les avaient estampillées des lettres U.S. Heureuse de recevoir son repas, la troupe s’était amusée à le baptiser Uncle Sam. Ce surnom, un peu familier, mais qui suggérait le comfort food, s’est alors rapidement propagé.

Jusque-là, Sam n’avait pas de visage public. Il était tentant, voire normal, de lui en trouver un. De ce caractère bon papa nourricier et rassurant, la revue Harper’s Weekly a fait, en 1861, au début de la guerre de Sécession, une image représentant le gouvernement. L’illustrateur l’a revêtu d’une veste à rayures et lui a encerclé le front d’un bandana étoilée.

« We want you »
L’image de l’Oncle Sam a pris plusieurs formes à travers les années avant de devenir l’icône que l’on connaît sous les crayons du dessinateur d’origine allemande Thomas Nast. Le personnage a également été détourné à l’occasion de multiples campagnes nationales, notamment le recrutement miliaire, avec le fameux We want you et la reconstruction. Les ligues des travailleurs ont également fait appel à lui. Toutes ces utilisations n’ont fait qu’amplifier sa réputation. Il était souvent identifié au gouvernement avec cette expression : « Je dois payer mes taxes à l’Oncle Sam. » Il a même fait les couvertures de revues littéraires, économiques et politiques.

Après la mort d’Abraham Lincoln, en 1865, les Américains ont trouvé ou imaginé une ressemblance entre les deux hommes. Uncle Sam a obtenu encore plus de reconnaissance en 1989, le président George W. Bush ayant proclamé le 13 septembre jour national de l’Oncle Sam, à l’occasion de l’anniversaire de Sam Wilson. Ce jour de septembre 1989 coïncidait aussi avec le bicentenaire de la ville de Troy, où Wilson avait grandi, travaillé et prospéré. Il avait fait avec son frère d’excellentes affaires, d’abord dans le commerce des briques, puis de la viande. Lorsqu’il décède à l’âge de 87 ans, il ne se doute même pas qu’il va devenir un illustre tonton, au-delà de la famille Wilson. Ni tonton flingueur, ni tonton Macoute, ni tonton du bled, mais le tonton de toute l’Amérique. Même l’Oncle Tom et sa case et Uncle Ben et son riz n’ont pu atteindre sa notoriété ! Pour preuve, ces milliers de représentations qui continuent de fleurir, à toutes occasions et à longueur d’année.

Uncle Sam est partout, dans les parades, sur les affiches et sur la Toile. Il a aussi su prendre Instagram d’assaut à travers des détournements plus contemporains, adaptés en tatouages, boissons et moult situations décalées. Last but not least, la bibliothèque du Congrès le classe parmi les principaux porte-drapeaux de l’Amérique, auprès de la statue de la Liberté, l’Aigle chauve et la Liberty Bell qui, depuis 1752, annonce les grands événements.

Irène Mosalli (L’Orient le Jour)

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