L’ONU, qui a dénoncé un «nettoyage ethnique», va réunir mardi son conseil de sécurité pour discuter de la crise des Rohingyas, dont plus de 300 000 se sont réfugiés au Bangladesh depuis fin août pour fuir les violences en Birmanie.

Le dalaï lama en personne a exhorté la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix comme lui, à trouver une solution pour les Rohingyas, plus grande population apatride au monde avec un total d’environ un million de personnes.

«La Birmanie ayant refusé l’accès aux enquêteurs (…), l’évaluation actuelle de la situation ne peut pas être entièrement réalisée, mais la situation semble être un exemple classique de nettoyage ethnique», a déclaré lundi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein à l’ouverture de la 36e session du Conseil à Genève.

À la demande du Royaume-Uni et de la Suède, le Conseil de sécurité de l’ONU a donc décidé de se réunir pour évoquer ce dossier.

«On estime à 313 000 le nombre de Rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le 25 août», a dit Joseph Tripura, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU. Dimanche, leur nombre était encore estimé à 294.000.

Le flux de Rohingyas quittant le nord-ouest du pays à pied, dans la boue, sous la pluie, semble se ralentir ces derniers jours, après un pic la semaine dernière. Mais le Bangladesh fait face à une crise humanitaire, les camps étant surpeuplés.

La Maison-Blanche s’est de son côté déclarée lundi «profondément troublée» par la crise des Rohingyas, sans pour autant mettre en cause le gouvernement d’Aung San Suu Kyi.

Tout a commencé cette fois-ci avec des attaques de rebelles rohingyas contre la police birmane le 25 août, qui ont déclenché une répression de l’armée. Bilan, au moins 500 morts, la plupart rohingyas, selon l’armée, l’ONU évoquant le double de morts, des villages incendiés et des exactions.

Les rebelles ont déclaré dimanche un cessez-le-feu unilatéral d’un mois, mais le gouvernement birman a répondu qu’il ne négociait pas avec des «terroristes».

La diplomatie birmane, dirigée par Aung San Suu Kyi, a maintenu lundi soir, dans un communiqué, son soutien à l’armée: elle a assuré que «les forces de sécurité ont reçu pour instructions» d’«éviter des dommages collatéraux et que des civils innocents soient blessés lors de leur mission légitime de restauration de l’ordre».

Dans une déclaration sans ambiguité, le chef de l’armée birmane a affirmé que les ««Rohingya» ne font pas partis de l’histoire du pays».

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